Philippe Prevost est Responsable du Département Travaux du Groupe Korian. A ce titre, il a mené plusieurs chantiers, en pose sans colle, de revêtements de sol souples. Il dresse ici un bilan positif de la méthode, qui préserve la tranquillité des résidents des maisons de retraite médicalisées, tout en garantissant des performances et des facilités d’entretien équivalentes à celles obtenues avec une pose collée.

Côté-Sols : Pourquoi avoir décidé de tester la pose libre de revêtements de sol, dans les résidences du Groupe Korian ?

« Nous avons changé les sols d’une salle de restaurant sans interrompre le service »

Philippe Prévost, Responsable du Département Travaux du Groupe Korian

Philippe Prévost : Nous faisons face à une contrainte forte, celle de garantir au maximum le calme dans nos établissements, dont les résidents ont une moyenne d’âge de 88 ans. Du coup, et pour tous nos travaux de maintenance ou de rénovation, la priorité va à l’absence de poussières et de bruits. Et il nous faut préserver autant que possible les habitudes des résidents. Il faut éviter de fermer des chambres, des couloirs ou encore des salles de restauration pour ne pas les heurter.

Côté-Sols : Cela doit poser des problèmes d’organisation conséquents ?

Philippe Prévost : Tout à fait. En dehors des aspects techniques du chantier, l’autre grande problématique c’est le planning. Nous travaillons en étroite collaboration avec les personnels des établissements pour minuter précisément les différentes phases de travaux. Et limiter ainsi au maximum la gêne aux pensionnaires. Le résultat peut-être impressionnant : dernièrement, nous avons changé complètement les sols d’une salle de restaurant, sans jamais la rendre indisponible pour les repas.

« Nous avons changé les sols d’une salle de restaurant sans interrompre le service »

Source: Groupe Korian

Côté-Sols : Comment avez-vous procédé ?

Philippe Prévost : La clé de la réussite a été de réaliser une pose sans colle, en superposition sur le sol existant qui était de type « compact ». Nous étions allés à Reims, chez le fabricant Forbo, voir une démonstration de leur produit Sarlon modul’up, avec des bandes de jonction pour fixer le produit, et des joints à chaud pour assurer l’étanchéité de l’ensemble. Une fois convaincus, nous l’avons mis en place en deux étapes, une pour chaque moitié de la salle. Il faut dire que nous n’avons ici pas eu de problème de ragréage à effectuer.

Côté-sols : Quelle solution a prévalu au niveau de la périphérie de la salle ?

Philippe Prévost : Nous avons décidé d’installer des plinthes classiques, en posant à l’angle un joint acrylique pour l’étanchéité. Cela fonctionne très bien, j’en veux pour preuve que nous ne connaissons pas à ce jour de difficultés lors des nettoyages à grande eau qui sont pourtant fréquents. Le même constat a été dressé sur l’autre chantier test mené avec Sarlon modul’up, qui concernait cette fois le hall d’entrée d’un établissement.

Côtés-Sols : Concernant les performances techniques, avez-vous constaté des différences avec des sols en pose collée ?

Philippe Prévost : Pas à ce jour. Les caractéristiques techniques de l’ensemble support + revêtement ne sont pas modifiées par l’absence de colles. Tout au plus faut-il prendre des précautions lorsque la question du recouvrement de l’ancien revêtement se pose. L’opération n’est pas recommandée sur un ancien sol souple acoustique, et Forbo est d’ailleurs tout à fait clair sur ce point dans son descriptif des modes opératoires pour le produit. En revanche, elle est tout à fait réalisable, sur un sol compact, constitué par exemple d’un carrelage ou un PVC compact. C’est même une solution très intéressante lorsque des colles amiantées ont pu être utilisées pour fixer des dalles de sol dans les bâtiments datant d’avant 1997.