L’entretien des sols dans les commerces multiplie par deux, voire trois, le coût initial d’un revêtement et de sa pose. De quoi y réfléchir à deux fois et investir dans un tapis de propreté, souple ou rigide, qui va arrêter l’humidité et les salissures à l’entrée du magasin. Et contribuer ainsi à préserver les qualités originelles – dont l’esthétique - du revêtement.

Une boutique reçoit beaucoup de visites, du moins c’est tout le mal que l’on souhaite à son propriétaire. Mais les clients de passage amènent sous leurs chaussures de l’humidité et des salissures, synonymes, lorsqu’on ne traite pas le problème à la racine, de difficultés d’entretien supplémentaires. Avec à la clé, soit une facture qui s’alourdit auprès du sous-traitant chargé du nettoyage, soit un temps passé à nettoyer lui-même qui s’allonge pour le commerçant, qui l’utiliserait bien mieux à servir ses clients.

Des bambous pour s’essuyer les pieds

« Les pays du Nord de l’Europe, peut-être parce qu’ils sont confrontés à un climat humide, sont plus facilement enclins à s’équiper de tapis de propreté » explique Batiste Billet, en charge des accessoires et des solutions techniques chez Forbo. Le fabricant de sols PVC et de linoleums sait de quoi il retourne. Il propose en effet depuis plusieurs années deux gammes de tapis à son catalogue. La gamme Nuway de tapis rigides, plutôt destinée aux espaces communicants directement avec l’extérieur (sas d’entrée de centres commerciaux par exemple), utilise des matériaux robustes (aluminium, caoutchouc disposant de picots et même bambou désormais !) pour «arrêter » littéralement les plus grosses saletés, par exemple les cailloux incrustés dans les semelles des chaussures des clients. Ils évitent ainsi des rayures à la surface des revêtements intérieurs, qu’il s’agisse de carrelage, de parquets ou de la couche d’usure des sols souples en PVC.

Des fibres textiles pour absorber l’humidité

A l’intérieur des boutiques, une deuxième barrière est nécessaire, pour arrêter l’humidité restant sous les chaussures, et « essuyer » les semelles en jouant d’un effet brosse, étant entendu que « le client ne va pas s’arrêter à l’entrée du magasin pour se frotter lui-même les pieds » sourit Batiste Billet. La gamme de tapis souples Coral combine donc un envers en PVC, sur lequel un textile tufté est incrusté : « le textile absorbe l’humidité, qui est stoppée par l’envers étanche. Il suffit alors de passer un aspirateur à injection/extraction pour laver les fibres et leur redonner l’aspect du neuf, une fois séchées. Concernant les fines salissures, elles sont interceptées par des fibres plus épaisses associées à celles qui retiennent l’humidité. Il faut juste s’assurer qu’elles dépassent bien du sol initial, afin que l’effet brosse joue à plein ».

L’idéal : penser tapis de propreté dès la pose initiale

Une configuration qu’il est plus facile d’obtenir en pensant, dès la pose du revêtement de sol dans la boutique, à réserver un espace – une fosse – à l’entrée, qui accueillera le tapis de propreté. « Nous travaillons en amont avec les entreprises de pose pour les inciter à recommander cette solution » explique Batiste Billet. « C’est dans leur intérêt comme dans celui du fabricant de sols. Car en protégeant les sols des salissures et dégradations, la satisfaction de nos clients respectifs augmente ».

Des tapis pour préserver les performances et l’esthétique des sols dans les boutiques

Une équation économique vertueuse

Même si les clients semblent moins sensibles à la protection des sols, qu’aux aspects plus esthétiques, l’apport d’un tapis de propreté mérite également d’être examiné sous un angle économique. Voici résumées les données du problème.

  • La présence d’un tapis de propreté diminue jusqu’à 94% les salissures et l’humidité sur les sols du magasin
  • Sous certaines conditions de pose et de métrage, cette présence permet de bénéficier de garanties supplémentaires de la part du même fabricant du revêtement
  • Un tapis souple coûte sensiblement le même prix « fourni/posé » qu’un revêtement de sol souple comme de la LVT par exemple
  • Il peut être posé à la place de cette LVT, sur une surface réservée (fosse), ce qui rend son surcoût quasi nul
  • Sa durée de vie est d’au moins 5 ans et plus fréquemment de 7 ans (garanties fabricant)
  • Sur une période équivalente, la location des tapis de propreté amovible (5 euros environ par semaine) proposée par les entreprises de nettoyage, revient entre 1250 et 1750 euros, soit environ quinze fois le prix d’un tapis de propreté posé « en dur ».
  • Les opérations de nettoyage sur ce dernier, peuvent se faire avec un aspirateur vertical simple (coût 300 euros) et, sur un rythme semestriel, avec un injecteur/extracteur, en quelques minutes.

On notera enfin que le tapis de propreté loué à un sous-traitant, généralement de faible épaisseur, est par nature disposé en pose libre, contrairement au tapis acheté qui peut bénéficier d’une pose collée, qui offre plus de sécurité lors des passages répétés de clients. Les lavages répétés des tapis loués les prédisposent également à des déformations qui peuvent s’avérer dangereuses pour la clientèle.

Il n’y a finalement pas d’arguments solides pour se passer des tapis de propreté spécialisés… sauf les habitudes et le sentiment que de confier la question à une entreprise de nettoyage va permettre de rationaliser les coûts tout en se débarrassant d’un sujet peu glamour. Une erreur que les fabricants de tapis s’emploient aujourd’hui à corriger, en évangélisant les entreprises de pose pour qu’elles conseillent au mieux leurs clients.