Entreprises de pose et fabricants : Former des soliers « pros », tout le monde y trouve son compte

Pour combattre la pénurie de professionnels mais aussi pour élever leur niveau technique en les confrontant à des situations de chantier plus variées, les fabricants de revêtements de sol comme Forbo proposent des modules de formation spécifiques courts mais aussi des cursus de 18 mois en alternance. Ils sont fort appréciés de tous les acteurs.

« En tant que fabricant de revêtements de sol, il est de notre devoir mais aussi de notre intérêt d’apporter aux entreprises de pose, des solutions pour former des professionnels capables d’une bonne mise en œuvre de nos produits ». Benoît Hébert, Directeur des services techniques et des centres de formation pour la France et l’Europe du Sud chez Forbo donne même des chiffres : « Il y a aujourd’hui une reprise du marché. Le besoin en soliers est donc estimé par les chambres professionnelles à environ 300 par an ».

Pour faire face à cette demande, le fabricant des gammes Flotex, Marmoleum, Sarlon et autres Allura dispose de quatre centres répartis sur le territoire national, à Reims bien sûr (son siège historique) mais aussi à Rennes, Montpellier et Tours. « Il est important d’offrir cette répartition géographique pour limiter les déplacements des personnes suivant nos cursus, surtout pour les formules en alternance ».

Deux types de formations, courtes ou en alternance

Son catalogue de formation comprend deux types de cursus. Les formations courtes -maximum, une semaine – sont particulièrement destinées aux clients ou aux prospects qui souhaitent améliorer les compétences de leurs personnels sur une technique dédiée. « Nous accueillons des entreprises de pose de sol, mais aussi des collaborateurs d’entreprises des métiers de la finition (décoration, aménagements, peinture, plaquiste, etc), qui ont déjà eu l’occasion de poser des revêtements de sol sur quelques chantiers et veulent élargir leurs offres de services ». Ces formations peuvent être financées par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) qui récoltent les contributions des entreprises à la formation professionnelle.

Les formations en alternance – également appelées contrats de professionnalisation – durent beaucoup plus longtemps, 18 mois au total. L’apprenti partage son temps entre 900 heures de cours au centre de formation et le reste du temps dans l’entreprise qui a signé le contrat – et qui le rémunère à 100% de son salaire pendant toute la période. « Là-encore, le financement de la formation est possible auprès des OPCA et Forbo peut d’ailleurs apporter son concours afin de monter le dossier de demande de participation, pour dégager l’employeur de ces formalités » précise Benoît Hébert.

Toutes les techniques passées en revue ou presque

« Nous pouvons accueillir dans nos promotions jusqu’à une trentaine d’élèves, deux fois dans l’année. Ils sont très souvent titulaires d’un CAP (diplôme d’Etat niveau 5) de solier mais nous avons également plusieurs cas de reconversion professionnelle ». L’expert Forbo reconnait que le CAP forme de bons généralistes mais souligne qu’il leur reste beaucoup de techniques à approfondir pour se transformer en poseurs « tous terrains ». « Par exemple, on n’y apprend pas à poser du lino, ni à équiper des salles de bains avec des revêtements posés à la fois aux murs et aux sols et des évacuations (syphons) complexes à traiter ».

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Les formations en alternance proposent donc cet approfondissement des situations à gérer. Et elles savent évoluer pour tenir compte des nouveaux besoins. « Nous évaluons régulièrement les contenus dispensés avec nos confrères du RFS / Réseau Formation Solier, et en collaboration avec l’UPMF (Union Professionnelle des Métiers de la Finition), cotitulaire du titre. Nous avons ainsi rajouté récemment un module sur la pose de LVT clipsables, très en vogue aujourd’hui ». Il faut d’ailleurs noter que les trois principaux acteurs du marché, membres du RFS dispensent les mêmes contenus dans les cursus de contrat de professionnalisation, mais proposent leurs propres modules (formations courtes) pour des produits qu’ils sont seuls à proposer à leur catalogue – par exemple les systèmes en pose libre Modul’Up chez Forbo.

Un examen sélectif et un avenir assuré

La formation en alternance se termine par un examen, qui reste sélectif. « Nous ne voulons pas galvauder le titre décerné car notre intérêt est d’avoir des professionnels qui maîtrisent les techniques et limitent ainsi les désordres liés à la pose. Cela nous évite des litiges, longs à gérer et parfois couteux avec nos clients, même lorsque nous ne sommes pas responsables des défauts de mise en œuvre » continue Benoît Hébert.

Forbo considère également que les différentes formations dispensées dans ses centres, en utilisant ses produits lors des travaux pratiques, entretiennent la fidélité des professionnels et les transforme potentiellement en prescripteur de ses gammes de revêtements de sol auprès de ses clients.

La réussite de ce dispositif tient aussi à la valorisation des acquis : un solier ainsi formé peut espérer toucher jusqu’à 30% de salaire en plus assez rapidement. Son employeur pourra aussi répondre à des appels d’offres sur des chantiers plus importants et plus techniques. « C’est pourquoi nous insistons beaucoup auprès de sociétés qui signent des contrats en alternance pour qu’elles jouent le jeu avec leurs apprentis, en leur donnant effectivement matière à progresser pendant les périodes passées dans l’entreprise » souligne Benoît Hébert. « De l’autre côté, nous sommes également très attentifs à la motivation des candidats, pour limiter le nombre d’abandons en cours de formation et donc la déception des employeurs qui ont investi ». Un équilibre à trouver et à préserver entre les objectifs des deux parties, d’autant plus facilement que le marché est porteur actuellement !