Les projets de rénovation des sols amiantés arrivent à maturité

Le marché de la rénovation en milieu amianté se structure comme l’a démontré le dernier salon consacré à cette thématique. Le recouvrement en pose libre des DVA fait en particulier l’objet d’un intérêt croissant des maîtrises d’ouvrage sur les projets de rénovation dans l’habitat social.

Année après année, le rendez-vous s’est installé. Et le Salon des Professionnels de l’Amiante 2018 qui vient de se tenir à la Villette a attiré une centaine d’exposants et 2 700 visiteurs pour sa quatrième édition. C’est sans doute un peu moins que précédemment mais les organisateurs ont créé des répliques du salon parisien en région, ce qui peut expliquer une plus faible fréquentation.

salon-amiante-2018« L’autre phénomène, explique Valérie Druart chez Forbo qui y présentait sa technologie modul’up, destinée à faciliter les chantiers de réhabilitation avec recouvrement des sols amiantés, c’est la maturité croissante des visiteurs. Il y a quatre ans, beaucoup étaient en phase de découverte, désormais, l’ampleur des tâches de désamiantage est connue, le cadre législatif se met en place et les responsables, notamment dans l’habitat social, sont à la recherche de solutions ».

Côté réglementaire, justement, l’attente se prolonge concernant le repérage avant-travaux des immeubles bâtis. Le décret fixant la date au-delà de laquelle il sera obligatoire de produire une évaluation des risques et notamment une estimation des quantités d’amiante dans les immeubles bâtis tarde à paraître. Cela ne change rien en revanche aux obligations de DTA qui incombent aux responsables des ERP et notamment aux bailleurs sociaux pour les habitats collectifs. Ni aux précautions à prendre lors d’un chantier de désamiantage. Et de ce côté-là aussi, la technologie progresse : les premiers Trophées de l’innovation ont ainsi été l’occasion de récompenser notamment l’Ultimate GX de Lapro, un appareil de protection respiratoire à double surpression.

Une base de données pour aider l’ensemble des professionnels

Une base de données, répondant au joli nom d’Origami (Outil de Repérage Interactif pour la Gestion de l’AMIante) a également été présentée dans le cadre du Plan de recherche et de développement amiante (PRDA). Ce partage des connaissances, destiné prioritairement aux maîtres d’ouvrage, leur fournira une probabilité de présence d’amiante dans les matériaux et équipements d’un bâtiment, en prenant en compte le type de construction, sa période, etc. Elle complétera utilement cette étude de Qualitel qui vient d’analyser les conséquences de la présence d’amiante dans 55 logements, construits le plus souvent avant 1970. Résultat, si tous contiennent bien de l’amiante (et pour 90% d’entre eux dans les sols avec des dalles vinyles, des colles et des joints), seuls 41% des matériaux recensés apparaissent dégradés. Surtout, Qualitel conclut que « les dégradations relevées apparaissent très ponctuelles, limitées à quelques fissures et trous par exemple. Aucune dégradation étendue n’a été constatée ». Enfin, une mesure d’empoussièrement a été menée dans le séjour de chaque logement : « L’analyse des filtres de prélèvement a révélé la présence de fibres réglementaires d’amiante dans 4 logements sur les 55, soit 7 % des logements analysés. Il s’agissait exclusivement de logements vides ; aucune fibre réglementaire n’a été comptée dans les logements occupés ».

Des constats qui mettront sans doute un peu de baume au cœur aux maîtrises d’ouvrage dans l’habitat social. D’autant qu’en parallèle, les produits comme Sarlon habitat modul’up (le sol PVC sans colle acoustique 19 dB en pose libre à destination des locaux au plus classés U2s P2 – U2s P3), Sarlon trafic modul’up (la version sol PVC sans colle acoustique fort trafic destinée aux locaux au plus classés U3 P3 et U4 P3) et compact modul’up ouvrent leur éventail de solutions disponibles en rénovation, sans passer par des opérations lourdes de désamiantage.
A  noter que le PRDA était présent (Le Plan Recherche et Développement Amiante) pour échanger avec ses lauréats
Pour rappel, le PRDA, lancé en 2015, a pour mission de dynamiser l’innovation dans le secteur du désamiantage, dans le but d’améliorer la faisabilité économique des opérations très onéreuses de travaux en sous-section 3 (retrait d’amiante) ou sous-section 4 (travaux en présence de matériaux susceptibles de contenir de l’amiante). Il est appuyé par un secrétariat technique assuré par le CSTB.

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