Recyclage des déchets de chantier : le point sur les solutions disponibles pour les revêtements de sols

Même si la réglementation n’est pour l’heure pas contraignante, de plus en plus d’appels d’offres dans le bâtiment comportent déjà des clauses concernant le traitement des déchets. Une bonne raison de passer en revue les solutions disponibles pour vos chutes de pose ou de dépose.

La loi française dite de transition énergétique (Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015, Article 70) transpose une directive cadre européenne concernant la revalorisation des déchets du secteur BTP, qui devra atteindre 70% en 2020.

Le terme de revalorisation recouvre les opérations qui conduisent à extraire d’un déchet des éléments ou de les transformer de manière à permettre une utilisation ultérieure, sous d’autres formes. La revalorisation énergétique – combustion des déchets permettant de produire de l’énergie –  est une des plus classiques. On parle également de revalorisation « matière » pour les composants extraits d’un déchet et réutilisable dans d’autres produits.

Le terme de recyclage recouvre la récupération, dans des taux variables, des caractéristiques initiales d’un déchet – ses composants – pour les réinjecter dans un processus de (re) fabrication produisant à nouveau ce produit. Le verre peut ainsi être recyclé, le papier également… et le PVC, comme de nombreux produits issus de la pétrochimie.

Le terme d’économie circulaire exprime une préoccupation, celle de limiter les pertes sèches de matériaux lors d’un cycle complet allant de la fabrication jusqu’au recyclage

« Même si les textes donnent aujourd’hui une direction générale aux acteurs du bâtiment comme aux fabricants de produits destinés à la construction, il n’y a pas, pour l’heure de contrainte légale concernant le recyclage des revêtements de sols par exemple » nous explique Aline Bosser, chargée de mission environnement et technique chez Forbo. « Néanmoins, la pression des maîtrises d’ouvrage, qui peuvent inclure des clauses spécifiques dans leurs appels d’offres pour le traitement des déchets, les perspectives réglementaires et, tout simplement, les évolutions sociétales, tout concourt aujourd’hui à ce que les entreprises de pose se préoccupent de plus en plus du recyclage de leurs déchets ».

D’autant que les fabricants de sols souples notamment, ont investi depuis longtemps sur ce sujet et qu’une palette complète de solutions est aujourd’hui disponible. En voici la liste :

Déchets de fabrication

Dans les usines des fabricants, de gros efforts ont porté ces dernières années à la fois sur la limitation des déchets et sur leur réutilisation.

  • A la source, pendant le processus de fabrication, la quantité de déchets a été réduite de 20% (source Forbo). On parle alors de chutes de production.
  • Les chutes de production sont recyclées pour entrer dans la composition de nouveaux produits. Forbo annonce par exemple que des produits, comme les dalles de textile floqué Flotex, intègrent des éléments recyclés à une hauteur de 59%.

Chutes de pose

PVC :

L’ensemble des professionnels des sols PVC, réunis en France sous l’égide du SFEC (syndicat français des enducteurs calendreurs), et à l’échelle européenne dans le plan Vinyl Plus, travaillent depuis près de dix ans sur le recyclage et la valorisation de l’ensemble des déchets de la filière, issus des opérations de pose et dépose. Des solutions concrètes ont fait leur apparition

Textile:

A noter que la filière textile a mis en place le programme Optimum qui gère les chutes de pose et dépose et les revalorise pour le compte de l’industrie cimentière : fabrication de pellets industriels à haut rendement, production d’énergie par traitement thermique, récupération de résidus minéraux entrant dans la composition du ciment.

Linoleums :

Il n’y a pas de programme spécifique pour le recyclage des linoleums, néanmoins, les fabricants sont en mesure de proposer des solutions aux entreprises de pose qui se voient imposer un traitement des déchets par le donneur d’ordre. Une nécessité concurrentielle, surtout quand la MOA hésite entre deux types de revêtements….

Déchets de dépose

Que ce soit pour les déposes en PVC ou en textile, les programmes PVC Next et Optimum offrent des solutions. La présence éventuelle de colle sur les déchets récupérés à l’issue d’une dépose, peut empêcher un recyclage optimal. L’entreprise de pose doit alors rassembler ces chutes et les porter à un point de collecte agréé par le SFEC (programme PVC Next) qui se chargera du traitement (tri puis revalorisation) moyennant finances.

Les sols souples en pose non collée présentent l’avantage de produire des chutes* (lors de la pose) et des déchets (lors d’une dépose) totalement exempts de colle ou de trace de ragréage. Le recyclage et la valorisation* sont donc facilités, ce qui limite leur coût de revient.

*Hors cadre amiante

Distribution : enfin, les distributeurs  qui commercialisent à destination des  professionnels (et qui remplissent les conditions fixées à l’article 5 du Décret n° 2016-288 du 10 mars 2016 portant diverses dispositions d’adaptation et de simplification dans le domaine de la prévention et de la gestion des déchets) des matériaux, produits et équipements de construction  ont l’obligation de mettre à disposition de leurs clients des bacs de collecte des produits qu’ils distribuent ou, le cas échéant, de leur proposer une information claire sur les points de collecte disponible à proximité.

Un exemple de processus de recyclage

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