Les maîtrises d’ouvrage dans le logement collectif regardent avec intérêt se multiplier les solutions de poses non collée pour les revêtements de sol PVC. A la clé, de gros gains de temps et de budgets, notamment en rénovation.

L’engouement pour les poses non collées ne se dément pas dans le secteur du logement, notamment sur les chantiers de rénovation. « Les indicateurs qui nous permettent de l’affirmer sont nombreux » explique Valérie Druart, responsable secteur Habitat chez Forbo. « Il y a les chiffres de ventes de certains produits, en particulier les clipsables, LVT ou linoleum. Mais aussi le succès de certaines solutions très spécifiques, par exemple celles dédiées au recouvrement de sols amiantés en sous-section 4, comme Sarlon modul’up. Dans tous les cas, nous constatons une accélération des prises de décision ».

Il faut rappeler ici les types de poses entrent dans le champ de la pose non collée, à savoir :

La pose 100 % libre, qui ne fait appel à aucune colle ou fixateur et peut s’opérer grâce à deux techniques :

  • En lés, grâce à un adhésif simple face aux joints. La face en contact avec le sol est uniquement antiglisse, alors que la surface en contact avec le revêtement adhère totalement. Ainsi le revêtement est repositionnable facilement, indépendant du sol, c’est pourquoi la pose est considérée comme 100 % libre.
  • En dalles ou lames grâce soit à des matériaux clipsables de type LVT en PVC, mais aussi linoleum, soit à des matériaux emboitables en PVC.

La pose semi-libre, qui fait appel à des adhésifs double-face, en remplacement des colles. Ils sont positionnés au pourtour de la pièce traitée (à partir de 35 m2), et au niveau des éventuels joints. Ils assurent une meilleure stabilité au revêtement posé, ce qui s’avère nécessaire dans des situations de fort trafic, ou lorsque des charges lourdes sont déplacées.

Enfin la pose dite amovible s’opère avec des produits plombants – dalles ou lames – dont la structure ou le poids assurent la rigidité de l’ensemble posé. Ils sont maintenus au sol par un fixateur (ou poissant), ce qui empêche leurs déplacements, mais rend possible leur enlèvement en cas de besoin.

Gains de temps, économies

« Les vecteurs de succès de la pose non collée, surtout en rénovation, sont économiques. Les promoteurs immobiliers comme les bailleurs sociaux apprécient de ne plus avoir à effectuer de dépose du revêtement existant, et généralement pas de ragréage non plus ». Le temps de pose lui-même est également accéléré car l’absence de colles fait disparaître la quasi-totalité des temps de séchage (il en reste un, raccourci, avec les poissants parfois utilisés pour les poses amovibles).

A la clé, les gestionnaires de bâtiments peuvent même lancer des chantiers en milieu occupé, sans avoir à reloger les locataires, ce qui s’avère très appréciable. Cette faculté d’agir est possible même en présence d’amiante dans le sol, moyennant certaines précautions opératoires. Valérie Druart insiste également sur les gains de temps – et donc d’argent – sur les phases de recyclage : « dans la mesure où les produits mis en œuvre sont 100% PVC, les chutes de pose sont facilement recyclées. Par ailleurs, au moment de la dépose ultérieure, aucune trace de colle ou de ragréage ne viendra souiller la matière, ce qui simplifie le tri des déchets puisque l’ensemble est éligible à la benne PVC ».

Une nouvelle façon de penser le cycle de vie des sols dans les logements collectifs

Déjà très attractive dès le premier chantier, la pose non collée s’avère également intéressante sur le long terme. Les promoteurs qui devront gérer la vie des bâtiments, et notamment prévoir le renouvellement régulier des revêtements de sol, vont intégrer l’idée de la dépose, dès la première pose non collée, puisqu’elle sera facilitée.

Comme l’écrivait Forbo dans son récent livre blanc sur le sujet, ces techniques contribuent ainsi à faire émerger une notion inédite de TCO (Coût total de possession) dans ce secteur, à savoir l’intégration du temps de jouissance d’un sol dans le calcul de la dépense globale. Ce TCO pourrait aussi à terme prendre en compte non seulement le besoin (lié à l’usure) mais aussi les désirs de renouvellement des sols (dans une approche « déco »). Dans une société de consommation qui s’oriente de plus en plus vers le service (contre le produit) et vers l’usage (contre la possession), nul doute que la pose non collée se montrera particulièrement adaptée à nos nouvelles envies pur nos espaces de vies et nos logements.