La réhabilitation de l’imprimerie Mame, classée Monument Historique à Tours, fait la part belle à de nouveaux espaces dédiés au coworking. Elle a notamment été présentée sur un stand dédié lors du dernier salon Made in Val de Loire, ce qui a donné au fabricant Forbo l’occasion de démontrer l’adéquation de sa solution de sol textile floqué personnalisable avec l’esprit du projet. Le designer Christophe Davene, nous en explique ici les grandes lignes.

Coté-sols : En quoi cette réhabilitation de l’imprimerie Mame se démarque-t-elle sur le plan architectural ?

Christophe Davene, RCP Design Global : Il y d’abord le lieu, mythique. Ces bâtiments, surgis dans les années 1950, sont le fruit collectif des travaux de plusieurs artistes, ingénieurs et architectes, ce qui donne un cachet unique à l’endroit, voulu par le mécène Alfred Mame. Il est amusant de constater que dès cette époque, il avait demandé à tous ces talents de concevoir une réalisation qui inspire le travail bien fait, mais aussi l’œuvre collective. Elle recèle de multiples innovations parmi lesquelles je citerai une couverture en sheds inversés, brossés à l’aluminium, qui délivre, à 5 m de hauteur, une surface d’éclairage de plus de 4000 m2. C’est impressionnant ! Mais c’est aussi une contrainte pour notre cabinet qui mène le projet de réhabilitation, puisque les Monuments Historiques nous imposent de ne pas toucher à la structure du bâtiment.

Co-working chez Mame à Tours : les sols au diapason de l’esprit collaboratif

Côté-sols : C’est un bâtiment qui a connu plusieurs vies et qui bat aujourd’hui au rythme d’incubateurs de startups ?

Christophe Davene : Tout à fait. C’est déjà un lieu d’échanges, appelé à se développer encore sur cet axe, dans la mesure où la nouvelle métropole de Tours a décidé d’en faire un haut lieu de rencontres en tous genres.

La partie qui nous intéresse aujourd’hui est justement celle des espaces de rencontre. Il y a déjà des bureaux en place pour les jeunes entreprises de la pépinière. Nous intervenons pour compléter ce socle avec des lieux de partage, qui comprennent une zone événementielle, pouvant proposer jusqu’à deux scènes en simultané, un espace de restauration, une « boutique » qui va présenter au public les réalisations de certaines des startups présentes sur le site, et enfin un lieu d’échange et de convivialité.

Côté-sols : Quelles sont les contraintes pesant sur un tel espace ?

Christophe Davene : Globalement, il faut respecter le côté « inspirant » du site et prolonger sa dimension collaborative dans ces nouveaux espaces. Concrètement, nous allons nous appuyer fortement sur l’existant, notamment au niveau des entrées de lumière par le toit, mais aussi en jouant sur les codes du monde industriel. Par exemple pour proposer des cloisons mobiles, inspirées de celles que l’on trouve notamment dans les musées, intégrant des éclairages, et qui permettront toutes sortes de reconfigurations.

Côté-sols : Dans un tel lieu, quel peut-être le rôle du sol et de son revêtement ?

Christophe Davene : Il doit d’une part conforter le message visuellement. Pour cela, nous envisageons des motifs inspirés de l’univers de l’imprimerie mais modernisés, sous la forme de jeu de pixels. Ils ont aussi l’avantage de faciliter le calepinage pour la délimitation des zones de circulation, de pause ou d’échange.

Co-working chez Mame à Tours : les sols au diapason de l’esprit collaboratif

Par ailleurs, il faut penser aux performances du sol. Vous imaginez bien que les exigences sont fortes sur le plan de l’acoustique. Il ne faut pas que la convivialité et les échanges se traduisent par un trop fort volume sonore. Nous choisirons donc un revêtement présentant une bonne absorption.

Les poses doivent être faciles, et amovibles autant que désiré, ce qui est possible avec des produits plombant, en pose poissée. Le nettoyage à l’eau est également souhaitable, car vous ne pouvez pas imaginer qu’un tel espace reste vierge de toute salissure. Dans le même ordre d’idée, nous regardons avec attention les solutions techniques qui permettront de changer facilement des parties abîmées du revêtement, sans devoir refaire toute une pièce. A cet égard, les dalles en pose plombante, facilement amovibles, représentent encore une fois un choix intéressant.

Côté-sols : Quand pourrons nous visiter votre réalisation ?

Christophe Davene : l’inauguration devrait avoir lieu au début 2018