A la demande des grandes chaînes hôtelières, Didier Versavel conçoit depuis 20 ans des aménagements intérieurs qui marquent les visiteurs. Désormais, l’accent est mis sur l’évolutivité des concepts en même temps que la personnalisation des propositions. Un défi passionnant pour le designer qui s’appuie entre autres sur les sols souples pour le relever.

Côté-Sols : En quoi consiste aujourd’hui votre travail, lorsque vous êtes sollicité par les grandes chaînes hôtelières, ou des établissements indépendants ?

Didier Versavel, designer et architecte intérieur : De plus en plus, il m’est demandé d’élargir la vision des chantiers à venir, de globaliser les réflexions. Qu’il s’agisse de construire un nouveau lieu, ou d’en rénover un existant, les préoccupations vont désormais bien au-delà du simple choix de tel ou tel matériau, de telle ou telle couleur. Il faut bâtir la proposition à partir d’une image de marque à préserver, de réponses que l’on souhaite apporter à la clientèle. Avec parfois, dans le cas des grandes chaînes, des concepts internationaux à adapter aux besoins français. Je pense par exemple à notre réalisation pour le Plaza à Paris, qui s’est inspirée d’un design né au Brésil.

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Hôtel Ibis Styles Sallanches Pays du Mont-Blanc – ©D. Machet

Côté-Sols : Les lignes directrices sont-elles claires, par exemple sur les questions environnementales ?

Didier Versavel : Absolument, avec les grandes chaînes qui disposent de services marketing produisant des guidelines et référençant des produits. Dans d’autres cas, le cadrage peut-être plus léger : ce sont les visites sur sites et les échanges avec les maîtrises d’ouvrage qui vont alors préciser le cahier des charges. Dans tous les cas, il y a trois éléments clairs : le budget, le planning et la définition des besoins en termes logistiques.

Concernant l’économie circulaire et le choix de solutions plus vertueuses sur le plan environnemental, je constate une évolution positive. Cependant, la priorité n’est pas encore mise sur ces sujets. Si l’on devait résumer, la demande de nos clients est d’abord budgétaire et fonctionnelle. Et si c’est propre en plus, tant mieux ! Des solutions comme les revêtements de sol lestés (sans colle, NDLR), qui permettent d’avoir des déchets propres et facilement recyclables à la pose comme lors d’un renouvellement, sont de ce fait encore peu connues.

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Hôtel Ibis Styles Sallanches Pays du Mont-Blanc – ©D. Machet

Côté-Sols : il y a pourtant des économies à la clé de ces changements rapides de sols, surtout que le rythme des rénovations des chambres comme des parties communes semble s’accélérer ?

Didier Versavel : C’est tout à fait exact. Il y a là des arguments forts en faveur de ces poses sans colle. Néanmoins, à l’usage, on constate que les responsables hôteliers sont avant tout préoccupés par les facilités d’entretien. Ils tiennent à ce que leurs collaborateurs s’adaptent bien aux changements de pratiques éventuellement induits par ces sols. Il y a donc un vrai accompagnement à proposer

Côtés-Sols : l’avis du personnel d’entretien compte… et celui des utilisateurs ?

Didier Versavel : vous parlez des avis sur les plateformes de réservation ? Ils sont effectivement de plus en plus importants dans nos conceptions. On nous demande de rendre les chambres « instagrammables », c’est-à-dire de prévoir des aménagements qui suscitent la prise de photos et les commentaires favorables. On parle même de marqueurs, de zones de shoot…

Côtés-Sols : vous faites ce métier d’architecte d’intérieur depuis vingt ans : qu’est ce qui change dans votre travail et qu’est ce qui reste stable au contraire ?

Didier Versavel : Cela va peut-être vous surprendre mais la question de l’entretien devient de plus en plus présente. Il faut proposer des solutions qui facilitent le travail du personnel, par exemple au niveau de la hauteur du mobilier et bien sûr des sols. C’est une question d’ambiance dans l’hôtel, après tout, un directeur y gère avant tout de l’humain. C’est aussi un gage de recrutement plus facile, dans des métiers en tension car ils sont très exigeants.

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Hôtel Ibis Styles Sallanches Pays du Mont-Blanc – ©D. Machet

L’autre tendance lourde, c’est l’accélération des renouvellements de concepts, avec si possible des frais réduits et des chantiers rapides. Il faut donc essayer de prévoir, dès la création d’un aménagement, comment on va pouvoir le faire évoluer dans 5 ans. Cela pousse à choisir des matériaux et des décors standards… sauf que dans le même temps, les attentes de la clientèle poussent au contraire à personnaliser les établissements, en particulier dans les lobbies. C’est pour cela que des sols personnalisables, par exemple avec l’offre Flotex lab de Forbo, nous intéressent tant. Ils permettent, à moindres coûts par rapport à ce que couteraient une ligne de mobilier spécifique ou des fresques sur les murs, de donner facilement un cachet régional. Nous les avons par exemple mis en œuvre chez Ibis Style, ce qui permet de développer un style très narratif, un véritable story telling.

Côtés-Sols : Certains parlent même d’hôtel staging désormais, pour traduire cette pratique qui consiste à changer rapidement et à moindre coût une ambiance dans un établissement. Vous confirmez ?

Didier Versavel : Absolument ! Et personnellement, j’adore. Cette anticipation génère certes des contraintes supplémentaires mais en même temps, elle oblige à la créativité ! Que demander de plus pour un designer ?

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