De drôles de boites, suspendues au dessus d’un atrium, colorées du sol (souple bien sûr) au plafond, pour offrir aux étudiants, un espace d’échange tout à fait original. C’est l’idée choc du cabinet d’architectes Montpelliérain NBJ Architectes (*), pour un projet de réhabilitation de bureaux destiné à l’Institut de Formation des Professionnels de Santé d’Avignon.

Impossible de les manquer. D’abord, parce qu’elles prennent place au beau milieu de l’Atrium du nouvel IFPS (Institut de Formation des Professionnels de Santé) d’Avignon, espace d’échanges s’il en est. Ensuite à cause de leurs couleurs vives et chaudes, et de leur situation, en hauteur. Elles, ce sont les quatre box que le cabinet d’architectes montpelliérains NBJ Architectes a imaginés pour proposer de nouvelles solutions de convivialité, formelles ou informelles, aux étudiants comme aux enseignants.

Ô temps de l’échange, suspends ton vol !Paul KOZLOWSKI ©photoarchitecture

« C’est un projet qui se démarque par la rapidité de sa réalisation » explique l’architecte Romain Jamot. Entre l’appel d’offres de l’été 2011, et la livraison fin 2012, il a fallu en effet complètement repenser ces anciens bureaux de France Télécom, que la région Paca, maître d’ouvrage, avait décidé d’affecter à la création d’une nouvelle structure dédiée à la formation des professionnels de la santé (infirmières, puériculteurs, ambulanciers…).

Ce contexte de réhabilitation marque la démarche de NBJ, qui a du travailler autour de trois espaces distincts, une barre de bureaux, un bâtiment cintré, et enfin un atrium, espace d’échanges sur lequel le cabinet a particulièrement porté son attention. Et c’est là que naît l’idée de ces box : « il s’agissait de créer des solutions de réunions, au sein même d’un autre espace de circulation, qui offrent une ambiance conviviale et chaleureuse.»

Des poteaux comme support, et des couleurs « pop »

La solution trouvée est originale à plus d’un titre. Appuyés sur des poteaux, prenants appuis au rez de chaussée, les quatre box proposent des structures tout en rondeurs, à l’intérieur comme à l’extérieur. « Il y a eu un gros travail avec les entreprises pour cintrer le plaquo, mais aussi pour gérer au mieux la liaison avec le revêtement de sol, dans les mêmes coloris ».

Ô temps de l’échange, suspends ton vol !Paul KOZLOWSKI ©photoarchitecture

Un revêtement de sol choisi dans la gamme Sarlon Trafic, avec un graphisme à base de petits ronds et de petits pois, et des couleurs d’inspiration « pop » : violet, orange, jaune et vert… Une gamme que l’on retrouve partout, dans des tons plus classiques, dans l’ensemble du bâtiment. Le choix du sol souple répond en effet à un faisceau de contraintes techniques, en plus de la solution esthétique apportée. « Nous partions de sols équipés de carrelage ou de moquettes, avec une obligation de supporter 250 kg/m2, qui est passée à 400 kg/m2 dès lors que nous nous sommes trouvés face à des problématiques de rassemblement, en milieu scolaire ».

Les délais, très serrés, ont été tenus

Par ailleurs, la reconversion des bureaux, en salles de cours ou en amphithéâtre par exemple, a nécessité de nombreux décloisonnements ou élargissements de portes à 90 cm, pour répondre aux normes d’accessibilité. Conséquence, il fallait ré-habiller les sols, si possible sans augmenter leur épaisseur. « La solution retenue a consisté à poser, en sous-face de l’existant, des plaques de carbone de faible épaisseur, ce qui permet de conserver les coffrages existants et servant à la circulation des fluides, tout en solidifiant la structure. Puis à poser un revêtement de sol souple, peu épais, par-dessus le carrelage ». Une opération qui devrait concerner à terme 80% des 6800 m2 de sols, 60% ayant déjà été recouvert de Sarlon Trafic. Et Romain Jamot de conclure : « en sus du rendu visuel, avec des variations de couleur et de taille des motifs très intéressants, le choix de sols souples nous a permis de tenir les délais très serrés, car la pose s’est effectuée avec des ragréages simples et localisés. Enfin, les propriétés acoustiques de ce matériau nous ont permis de réduire considérablement les bruits aériens et les bruits d’impact ».

Ô temps de l’échange, suspends ton vol !Paul KOZLOWSKI ©photoarchitecture

(*) Elodie Nourrigat, Jacques Brion et Romain Jamot