Réglementation acoustique pour les sols : des exigences différentes selon l’usage du bâtiment

La loi anti-bruit et ses déclinaisons définissent des seuils d’absorption pour les bruits aériens comme pour les bruits de chocs, qui varient selon la destination du bâtiment. Ils sont particulièrement mis en évidence pour les logements, le milieu hospitalier ou l’enseignement. Mais en fait, toutes les constructions sont concernées.

En matière de lutte contre le bruit, concrétisée dès 1992 par la loi Royal, puis par des normes et des labels en dérivant, l’accent est mis sur deux types de nuisances à combattre : le bruit de choc, dans sa transmission verticale (entre deux étages) et latérale (entre deux pièces adjacentes) et le bruit aérien, qu’il faut absorber à l’intérieur même d’une pièce ou entre deux pièces adjacentes.

Les fabricants de revêtements de sol fournissent des solutions techniques qui contribuent à améliorer les performances des infrastructures, avec notamment des versions acoustiques qui atténuent parfois jusqu’à 20 dB la transmission des bruits de choc, ce qui permet de limiter l’épaisseur des dalles béton et donc leur coût.

Si la loi propose une approche générique de la lutte contre le bruit, des nuances apparaissent cependant selon la destination du bâtiment. En résumé :

Concernant l’efficacité aux bruits de choc :

Pour les logements, la règle est de supporter 58 dB (ou moins) de pression acoustique transmise, avec une tolérance dans les mesures de 3dB. Les revêtements de sols souples (PVC et linoleum) dans l’habitat proposent une efficacité variant de 15 à 20 dB dans leurs versions acoustiques, ce qui contribue donc à améliorer les performances obtenues par une dalle de béton nue, donc potentiellement à en réduire l’épaisseur.

Dans le secteur hospitalier, le seuil à ne pas dépasser est légèrement plus élevé : 60 dB. Avec une dalle de même épaisseur, le revêtement de sol pour l’hôpital ou pour l’EHPAD pourra donc proposer une efficacité acoustique moindre. A efficacité constante en revanche, l’épaisseur de la dalle pourra être diminuée.

Enfin, dans l’enseignement ou dans l’hôtellerie, la norme est la même que pour l’hospitalier. Il faut être inférieur ou égal à 60dB. Un revêtement de sol dans une crèche ou une école, bien souvent un linoleum acoustique, procure à lui seul une efficacité acoustique jusqu’à 19 dB. Là-encore, ces performances permettent à la maîtrise d’ouvrage d’ajuster à la baisse l’épaisseur des dalles et donc leur coût.

Concernant l’absorption acoustique bruits aériens

La règlementation porte uniquement sur les parties communes des bâtiments. Elle ne concerne donc pas les pièces d’habitation ou de soins, ni les salles de classe ou encore les bureaux dans un immeuble. La loi est plus précise pour trois types de bâtiment :

  • Habitations: l’arrêté du 30 juin 1999 fixe le niveau d’absorption acoustique pour les circulations communes intérieures, concrétisée par l’aire d’absorption équivalente du local, à 0,25. Rappelons que ce chiffre est obtenu en effectuant la somme arithmétique de tous les produits d’une surface de revêtement (sols, mur, plafond) avec son propre coefficient d’absorption aw.
  • Etablissements de santé: l’arrêté du 25 avril 2003 fixe le niveau d’absorption acoustique pour les circulations communes intérieures d’hébergement et de soins, à 0,33.
  • Etablissements d’enseignement; l’arrêté du 25 avril 2003 fixe le niveau d’absorption acoustique pour les circulations horizontales et halls à 0,50.

On notera que les PVC acoustiques ont un coefficient aw de 0,05 tandis que les tapis de propreté, comme Coral chez Forbo, atteignent les 0,25. Cela signifie concrètement qu’un tel produit, posé dans une circulation d’immeuble d’habitation, y solutionne à lui-seul la problématique d’absorption acoustique.

NF et NF HQE, des exigences supplémentaires

Pour leur obtention, les labels NF Habitat et surtout NF Habitat HQE définissent des seuils (plus exigeants pour HQE) de performances acoustiques à atteindre selon la destination du bâtiment.

Il est en particulier fait une distinction entre les différents types de pièces dans un logement (ex, chambres), ainsi qu’entre des situations de construction ou de rénovation.

exigences-logements

Voici, à titre d’exemple, le tableau des exigences pour les logements, résidence senior et autres foyer étudiants. Ici, le terme REGL qualifie la réglementation globale, le terme AAE correspond à l’aire d’absorption équivalente.