Désamiantage, recouvrement, encapsulage, confinement… le traitement de l’amiante dans le bâtiment n’est pas chose aisée. Du fait des dangers avérés pour la santé, les autorités se veulent prudentes et la règlementation en la matière se durcit afin de protéger les personnes intervenant sur les chantiers mais aussi les futurs occupants.

L’amiante, une histoire ancienne, pour notre santé aussi

Connue depuis l’Antiquité, l’amiante – en vieux français, abceste – est extrait de mines principalement situées en Russie, au Brésil, au Canada, en Chine et au Khazakhstan. Repéré par les industriels dans la seconde partie du 19ème siècle, il a été utilisé pour de nombreuses applications dans le bâtiment car ce matériau présente des propriétés exceptionnelles de résistance à la chaleur, d’isolation thermique et phonique liées à de bonnes performances mécaniques.

Les dangers avérés pour la santé – les différentes amiantes sont toutes cancérigènes, selon l’Inserm – sont également connus depuis l’Antiquité. En conséquence, et depuis le 1er janvier 1997, leur utilisation est interdite en France. Cependant, 2 logements sur 3 construits avant 1997 contiennent de l’amiante.

Les sols ne font pas exception

En particulier, plusieurs matériaux utilisés au sol sont susceptibles de contenir de l’amiante. C’est le cas, par exemple, des dalles en vinyle-amiante (DVA), de certaines colles….

Le code de la santé publique français établit 3 listes pour le repérage de l’Amiante dans les immeubles bâtis. Les dalles de sol et planchers font partie de la liste B. Les revêtements de sol dans leur intégralité font partie de la liste C.

Retrait, encapsulage, recouvrement ?

Trois solutions s’offrent aux responsables de chantier de rénovation ou de réhabilitation :

  • le retrait du matériau – avec des risques sanitaires importants à prendre en compte pour les opérateurs, du fait de la présence éventuelle de particules en suspension ;
  • l’encapsulage qui consiste à isoler totalement par un traitement solide et consistant le produit amianté de l’air libre et de tout contact ;
  • Le recouvrement.

Le recouvrement peut conduire :

  • à des travaux en sous-section 3, qui consistent à recouvrir via une opération simple et non pérenne : ragréage, collage d’un revêtement…
  • à des travaux en sous-section 4, qui consistent à recouvrir via une opération simple et sans fixation aucune (ou collage ) par un matériau de type revêtement de sol souple.

L’arrêté du 12 décembre 2012 ne précise pas les paramètres qui permettent de choisir entre le retrait ou l’encapsulage. Néanmoins, il indique que la décision dépend de l’état de conservation du matériau et du risque de dégradation lié à l’environnement, dans les conditions actuelles d’utilisation.

Le Guide de prévention du risque amiante dans la gestion des bâtiments réalisé par le bureau gestion et expertise immobilière ministérielle en collaboration avec le bureau santé et sécurité au travail définit explicitement la conduite à tenir dans les bâtiments domaniaux. Il peut ainsi être source d’inspiration pour d’autres maîtres d’ouvrage…

L’amiante dans les sols : retrait, encapsulage, recouvrement ?