Contre le bruit, des règles strictes et des sols souples pour les respecter

La lutte contre le bruit est réglementée en France. Les revêtements de sols souples contribuent à respecter la loi concernant aussi bien pour les bruits de choc que pour les bruits aériens (absorption acoustique). En sus, ils apportent aussi des solutions certifiées pour atténuer la sonorité à la marche.

La France est un des rares pays européens à disposer d’une réglementation spécifique pour la lutte contre les nuisances sonores, au travers de la loi Royal du 31 décembre 1992, dite loi « bruit » et de ses évolutions ultérieures.

Dans le cadre des constructions neuves, l’attention des maîtrises d’ouvrage doit porter en particulier sur les deux composantes acoustiques que sont :

  • Le « bruit de choc » dans sa transmission verticale (entre deux étages) et latérale (entre deux pièces adjacentes
  • L’absorption acoustique, c’est-à-dire l’atténuation du bruit dit aérien à l’intérieur même d’une pièce ou entre deux pièces adjacentes.

Efficacité face aux bruits de choc :

L’objectif est d’éviter la transmission de l’onde sonore occasionnée par un choc, en l’atténuant grâce à des planchers ou des murs, éventuellement renforcés par des revêtements de sols ou des parements sur les parois.

Cette efficacité se mesure donc en termes d’affaiblissement acoustique (ΔLw), à l’aide d’instruments de mesure (selon la norme NF EN ISO 140-08) et selon des calculs normalisés (NF EN ISO 717-2). La règlementation autorise une tolérance de 3 dB sur la mesure in situ.

Il est demandé aux constructeurs de fournir des planchers et leurs éventuels revêtements de sol qui font descendre le niveau de pression sous la barre des 58 dB (décibel) dans la pièce en dessous (logement) et celle des 60 dB dans le secteur hospitalier, l’enseignement et l’hôtellerie. En pratique, et pour pallier les phénomènes « ponts » acoustiques (déperdition au niveau de prises électriques, de bouches de VMC par exemple), les cahiers des charges établissent le plus souvent des exigences inférieures de 3 dB à la réglementation (donc respectivement 55 et 58 dB).

Dans la mesure où une dalle pleine de 14 cm d’épaisseur « laisse passer » 78 dB (avec une machine à chocs normalisée) et que chaque centimètre d’épaisseur supplémentaire ne fait « gagner » que 1 dB, il est beaucoup plus intéressant d’utiliser les capacités d’absorption des revêtements de sols souples par exemple, dont les versions PVC dites acoustiques permettent d’amortir d’un coup jusqu’à 20 dB.

L’exigence des 58 dB peut être renforcé dans le cadre de certains labels qualité. Par exemple le label Qualitel fait descendre le seuil acceptable à 55 dB et un niveau supérieur le ramène jusqu’à 52 dB.

Absorption acoustique :

Il s’agit ici d’amortir la réverbération d’une onde sonore dans un local et sa diffusion dans les locaux adjacents, ce qui peut s’accomplir en équipant les sols, les plafonds ou encore les murs de matériaux qui présentent des qualités d’absorption (exprimées au travers d’un indice noté aw)

La valeur de cet indice est comprise entre 0 et 1 (0 pour un carrelage, 0,1 pour une moquette, jusqu’à 0,25 pour des tapis techniques épais).

On obtient la capacité d’absorption dans une pièce en additionnant les résultats obtenus par chaque surface absorbante comprise dans la pièce, multiplié par son indice propre. Elle doit représenter une fraction minimale de la surface au sol de la pièce.

La formule est donc A (pour aire d’absorption équivalente) = (S1.aw1) + (S2.aw2) + (S3.aw3), où S1 est la surface du sol, S2 celle des murs, S3 celle du plafond et a w1, a w2, a w3 les coefficients respectifs de chaque surface.

La règlementation concerne uniquement les parties communes (circulations, halls) dans les habitations, les établissements hospitaliers et les locaux d’enseignements. Les valeurs minimales exigées pour « A » sont respectivement de 0.25, 0.33 et 0.5

Sonorité à la marche

Enfin, une troisième mesure peut s’effectuer, même si elle ne fait pas l’objet d’exigence du régulateur mais représente un confort supplémentaire pour les utilisateurs. Il s’agit de la sonorité à la marche, c’est-à-dire de la faculté d’un sol à réduire la propagation acoustique d’un bruit de choc dans le local même où il est produit.

Un sol vinyle sur mousse peut atténuer sous les 65 dB (90 seulement pour des sols durs en pose flottante) et du coup se situer en classe A (la plus élevée) pour la sonorité à la marche.

A noter que depuis 2010, la certification NF-UPEC (en passe de devenir QB-UPEC ) pour les revêtements de sol résilients s’est enrichie d’une classification A+ qui correspond à une efficacité acoustique supérieure ou égale à 15 dB associée à une classe A pour la sonorité à la marche.

Plus généralement, les maîtrises d’œuvre trouvent, dans le descriptif technique des produits, des indications claires sur leurs performances acoustiques certifiées.

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