Les vendeurs de biens immobiliers, particuliers ou professionnels, sont tenus de faire réaliser des diagnostics avant-vente portant notamment sur la présence d’amiante. Sa découverte éventuelle ne doit pas inquiéter. Dans la plupart des cas, le recouvrement, en sous-section 4, à l’aide d’un revêtement de sol en PVC, permet de résoudre le problème.

Côté-sols: En tant que spécialiste du diagnostic immobilier, rencontrez-vous souvent la problématique amiante ?

Jean-Philippe Caudin, Gérant Diag1pact, Délégué Général CDI-FNAIM : Nous intervenons dans 80% pour le compte ou sur la recommandation d’acteurs professionnels : des bailleurs sociaux, des notaires, des agences immobilières…
Il s’agit de diagnostics avant-vente ou avant travaux, comme la réglementation les a imposés progressivement. Je peux vous confirmer qu’il ne se passe pas deux jours sans que nous rencontrions de l’amiante, à partir du contrôle visuel que les textes nous demandent d’effectuer. Il peut se trouver dans les revêtements de sols, dans les colles, mais aussi dans les faux plafonds, ou au niveau des canalisations.

Côté-sols : Comment réagissent vos clients à la découverte d’amiante?

Jean-Philippe Caudin : Au niveau des particuliers, il y a ceux qui paniquent, et ceux qui s’en moquent. Mes clients professionnels sont plus expérimentés et cherchent des solutions, afin de ne pas retarder la vente du bien.

Côté-sols : Justement, quelles sont les solutions à leur disposition ?

Jean-Philippe Caudin : Tout d’abord, il faut rappeler que la présence d’amiante n’interdit pas une vente. En revanche, selon la sensibilité de l’acheteur au danger, et l’état du matériau, des mesures peuvent être prises. En particulier, les acquéreurs craignent pour la santé de leurs enfants.
L’obligation de retrait est finalement assez rare : elle n’intervient que si les matériaux concernés font partie de la liste A définis dans le décret du 3 juin 2011. Les revêtements de sols font eux partie de la liste B. Cela signifie que le risque de dispersion des fibres n’intervient qu’à l’occasion de travaux éventuels. Il est donc possible de se contenter d’un recouvrement du revêtement de sol incriminé, et de rester ainsi dans les limites de la sous-section 4.

Côté-sols : C’est un conseil que vous donnez ?

Jean-Philippe Caudin : En matière d’amiante, le conseil est simple : moins vous y touchez, mieux vous vous portez. Sur les sols amiantés, non friables, la possibilité existe de procéder par simple ragréage et recouvrement à l’aide d’un revêtement souple en PVC comme Sarlon modul’up. C’est une solution facile à mettre en œuvre, et tout à fait sécurisée, à condition de réaliser une pose sans colle.

Côté-Sols : Au-delà du diagnostic avant vente, quelles sont les obligations ultérieures ?

Jean-Philippe Caudin : En théorie, une surveillance doit être effectuée tous les trois ans, en cas de présence d’amiante. Concrètement, elle reste rare. C’est plutôt lors d’une revente qu’un autre diagnostic est établi. Et comme il n’y a pas d’obligation, pour le vendeur, de faire appel à l’ancien diagnostiqueur, le suivi est malheureusement souvent défaillant, du moins en ce qui concerne le marché des particuliers.
Concernant les professionnels, notamment dans l’habitat social, les obligations pesant sur l’information des locataires concernant la présence d’amiante dans les parties communes (DTA) et privatives (DAPP), ainsi qu’en amont de tous travaux à réaliser, permettent un suivi beaucoup plus régulier et efficace.