Les carreaux dans les logements et les bureaux neufs, représentent 25% des coûts liés aux désordres postérieurs à la construction. Une partie de ces désagréments peuvent être évités en allongeant les délais de pause et en respectant scrupuleusement les conditions de mise en œuvre.

Chaque année, l’agence de qualité construction publie le Sycodes, qui fait état des désordres constatés lors de la réception de bâtiments neufs, qu’ils soient collectifs ou individuels, pour des bureaux ou des logements. Très rigoureuse, cette enquête s’appuie sur les fiches normalisées remplies depuis de nombreuses années par les experts en assurance (10 000 pour chaque exercice).

Le Top 10 des désordres place une fois encore les revêtements de sol intérieurs en tête du nombre de sinistres (19% du total) et en seconde position concernant les coûts de réparation engendrés (25% du total, devancés seulement par le coût des sinistres dus à des défauts de fondations). L’agence de qualité précise bien dans son document qu’il s’agit « massivement » de revêtements de sol carrelés.

Les fissures et les décollements de carreaux, stars du Sycodes

La majorité des incidents constatés sur les carrelages proviennent de fissures ou de décollements de carreaux. Il ne s’agit pas d’un problème lié à la qualité des produits eux-mêmes, puisque la plupart d’entre eux font l’objet de certifications UPEC.

Ce sont plutôt l’environnement de l’ouvrage (stabilité des sols) et surtout une mauvaise mise en œuvre, qui sont à l’origine des désordres. Le Sycodes pointe notamment l’absence ou l’insuffisance des joints de fractionnement et l’absence de joints périphériques.

Dans le détail, les fissurations du carrelage proviennent souvent d’un défaut de la chape, dû généralement à des temps de séchage insuffisants et à des températures inadaptées – notamment en cas de plancher chauffant. Parmi les solutions possibles, allonger le temps de séchage bien sûr, pour atteindre dans l’idéal deux à trois mois. Ou réduire les dosages de ciment de la chape, en veillant bien à ne pas altérer pour autant les performances mécaniques à garantir.

Les décollements sont eux, directement imputables à une mauvaise mise en œuvre et pour commencer, à un mauvais encollage. Il faut mettre de la colle à la fois sur le support et le produit, ce qui n’est pas toujours fait correctement dans la précipitation des chantiers.

La mauvaise préparation du support constitue un autre risque, surtout quand il y a application d’un enduit de ragréage : « Il faut respecter le temps de durcissement scrupuleusement car un enduit encore trop frais, n’offre pas la meilleure adhérence au revêtement » expliquent les experts à nos confrères du Moniteur.

Le support doit aussi se montrer parfaitement propre et dépoussiéré avant le collage pour ne pas nuire au pouvoir adhérent de la colle. Enfin, les décollements peuvent aussi être dus à une erreur dans le choix du primaire d’accrochage, qui diffère selon le type de chape en présence

Les amoureux du carrelage ne se décourageront pas pour autant. Ils doivent simplement avoir conscience des coûts, des délais et finalement des risques engendrés par ces revêtements de sol. Dans de nombreux cas, les propriétaires préfèreront des solutions à moindre risque, moindres délais et moindre coût global, comme les revêtements de sol souples.

revetement-sol-carrele-chiffre

source : Sycodés