Pour participer à la réduction des déchets dans le secteur du BTP, les fabricants de moquette ont mis en place un programme de revalorisation de leurs produits usagés. Objectif, fournir des pellets pour les fours industriels fonctionnant à haute température. De quoi donner de la consistance aux discours sur l’économie circulaire ? Soliers et donneurs d’ordres sont concernés au plus haut point.

Avec près de 70% de la production des déchets en France, le secteur du BTP ne fait pas – encore ! – figure de bon élève. C’est pourquoi, dans le cadre de la Loi pour la transition énergétique vers la croissance verte de 2015, et dans l’optique d’un renforcement de l’économie circulaire, il lui a été assigné des objectifs ambitieux de réduction de ces quantités : dès 2020, le secteur dans son ensemble devra atteindre un taux de recyclage (ou de revalorisation) de 70% de ses déchets, ce qui signifie une réduction d’environ 30% de sa production de déchets destinés au stockage (enfouissement ou mises en décharge).

Chaque filière du secteur va devoir prendre part à l’effort global pour atteindre ce résultat. Dans le cas des fabricants de revêtements textiles, réunis au sein de l’UFTM (union française des tapis et moquettes), l’action a commencé dès 2010, avec une réflexion opérationnelle sur la récupération des moquettes usagées issues des chantiers de rénovation.

Le constat de départ était clair : les mises en décharge étaient encore beaucoup trop importantes de la part des entreprises du bâtiment, tandis que les procédés de valorisation des déchets se limitaient, le plus souvent, à une simple incinération permettant la récupération de chaleur.

Certes, il n’est toujours pas possible d’envisager des taux de recyclage élevés, car les moquettes sont des « produits complexes et hétérogènes dans leur composition, ce qui rend pour l’instant la séparation des matières premières à la fois difficile et très couteuse ». Mais en se rapprochant du groupe Vanheede Environnement, la filière a pu développer un nouveau procédé de valorisation énergétique.

Un travail sur le procédé d’incinération a en effet permis d’obtenir des pellets industriels à haut rendement, utilisables par des industries ayant besoin de combustibles à fort pouvoir calorifique (plus de 1400 degrés obtenus), en particulier l’industrie cimentière. Ces pellets remplacent les énergies fossiles non renouvelables ce qui améliore donc le bilan environnemental de cette industrie. Au passage, certaines charges minérales contenues dans les envers de moquettes sont intégrées dans la poudre de ciment (recyclage). Le procédé a été validé par l’ADEME. Il rentre également dans les critères d’obtention des labels HQE, puisqu’il permet un taux de recyclage et de revalorisation amélioré.

Un programme encore volontaire

Il est utile de préciser qu’à ce jour, aucune contrainte ne pèse sur les donneurs d’ordres ou les entreprises du bâtiment concernant le recyclage de ces déchets de moquette. Mais 2020 est proche, les préoccupations environnementales envahissent le débat public et les demandes des consommateurs se font de plus en plus pressantes pour bénéficier de logements ou de bureaux produits « proprement ».

Adhérer aujourd’hui à la filière Optimum, portée par l’ensemble des fabricants de sols textiles dont Forbo, reste donc une démarche volontaire. Avec beaucoup de retombées positives à en attendre ? C’est en tous cas prendre le risque… de se démarquer positivement par rapport à la concurrence quand on est solier. C’est pouvoir apporter des réponses satisfaisantes aux acquéreurs de ses logements quand on est promoteur. Et se mettre en conformité avec une démarche RSE, avec une solution concrète et légalement opposable. Pour cela, il suffit de penser à intégrer cette exigence de revalorisation dans son appel d’offres.

Traçabilité et transparence au programme

Une fois votre décision prise, les démarches sont particulièrement simples. Concrètement, il suffit de vous organiser pour charger, avec vos déchets, les palettes mise à disposition par la société KTO qui opère Optimum dans toutes les grandes métropoles françaises. Une fois celles-ci complétées, elles seront enlevées directement sur le chantier (sous préavis de 48h), ce qui fait disparaitre pour vos équipes des déplacements à la décharge, fastidieux … et polluants à plus d’un titre.

On notera enfin que la tarification raisonnable du service, calculée en fonction des m2 de moquette récupérée, rend la refacturation à vos clients particulièrement claire et transparente. Chacun peut ainsi mettre du sien dans le développement de l’économie circulaire. Vous concernant, vous pourrez d’ailleurs le prouver à qui le demande, puisqu’un certificat délivré par le prestataire atteste, après récupération de vos déchets, de votre action en faveur de l’environnement.