Le cycle de vie d’un revêtement de sols, un concept qui prend corps dans l’habitat, en particulier social. Les bailleurs, en effet, souhaitent prendre en compte l’ensemble des dépenses liées à la pose, l’entretien, la dépose et même le recyclage des déchets. Objectif : mieux arbitrer les décisions économiques, notamment entre la pose collée et la pose non collée.

Réfléchir, dès la construction d’un logement et la pose d’un revêtement de sol, à sa durée de vie. L’idée fait son chemin, en particulier dans l’habitat social, où les initiateurs de nouveaux programmes sont structurellement amenés à penser, dès l’origine, à la future exploitation des immeubles.

« Nous travaillons chez Forbo, à une formalisation de ce concept de cycle de vie, pour aider nos clients dans leurs choix » explique Valérie Druart, chef de segment habitat du fabricant de revêtements souples. « Il nous semble en particulier important de mettre en évidence l’impact du mode de pose, collée ou libre, sur le TCO (total cost of ownership, cout total de possession, NDLR) ».

Pose non collée, des avantages concrets

La pose non collée, désormais courante en rénovation sur des sols amiantés où les techniques de recouvrement ont fait leurs preuves, présente des avantages concrets :

  • Rapidité des chantiers : Grâce aux gains sur le temps de séchage des colles, ou sur l’absence de ragréage en cas de recouvrement, les chantiers avancent plus vite. Le chiffre de 30 % de productivité en plus est mis en avant. En milieu occupé chantiers de rénovation dans l’habitat -, il est ainsi possible de refaire le sol d’un logement en quelques heures.
  • Facilité des chantiers : la pose non collée n’est pas plus difficile à mettre en œuvre que la pose collée, contrairement aux idées reçues. Mieux, les désordres éventuels lors de la pose sont beaucoup plus facilement réparables qu’en cas de pose collée. Autre avantage important, il n’y a plus d’effluves de colles : il est donc possible de réaliser les travaux en milieu occupé, ce qui réduit encore le temps entre le début et la fin du chantier.
  • Recyclage facilité : dans la mesure où les produits mis en œuvre sont 100% PVC, les chutes de pose sont facilement recyclées. Par ailleurs, au moment de la dépose ultérieure, aucune trace de colle ou de ragréage ne viendra souiller la matière, ce qui simplifie le tri des déchets puisque l’ensemble est éligible à la benne PVC.
  • Environnement protégé : la suppression des colles lors de leur mise en œuvre, et l’absence de produits toxiques dans leur composition, font de ces produits pour pose non collée, d’excellents contributeurs à la cause de la planète et du développement durable.
  • Design et modularité : outre la variété des solutions techniques proposées par les fabricants, la diversité des motifs et des textures s’élargit continuellement, permettant toutes les audaces en matière de décoration.
    Pose libre, des économies potentielles à plusieurs étapes du cycle de vie
    Pour optimiser le cycle de vie d’un revêtement de sol et calculer un TCO, mieux vaut avoir en tête cette statistique de l’INSEE : un locataire dans l’habitat privé reste en place 6 ans, tandis qu’en logement social, cette durée s’établit à 12 ans en moyenne.

Pose libre, des économies potentielles à plusieurs étapes du cycle de vie

Pour optimiser le cycle de vie d’un revêtement de sol et calculer un TCO, mieux vaut avoir en tête cette statistique de l’INSEE : un locataire dans l’habitat privé reste en place 6 ans, tandis qu’en logement social, cette durée s’établit à 12 ans en moyenne.

Les éléments à prendre en compte :

  • Le prix du revêtement de sol
  • Le coût de la pose, fournitures comprises (colles, etc), main d’œuvre, gestion des déchets de pose, intégration des frais liés aux éventuels désordres du chantier, temps d’inoccupation du logement
  • Les litiges potentiels lors de la pose : ils proviennent souvent des phases de collage (temps de séchage trop courts notamment), et leur coût de résolution est évidemment plus élevé en pose collée, alors qu’un revêtement non collé est plus aisé à remplacer.
  • La durée d’usage du revêtement
  •  Les frais d’entretien et d’éventuelles réparations en cours d’utilisation
  • Les frais de dépose, y compris le coût du recyclage des déchets
  • Les subventions liées aux performances environnementales des matériaux et des chantiers

« Il y a encore un travail pédagogique à mener », reconnait Valérie Druart. Deux points en particulier lui paraissent à souligner :

Difficultés de pose : « La pose non collée jouit, à tort, d’une mauvaise réputation. Elle serait plus difficile à mettre en œuvre, notamment au niveau des joints qui assurent l’étanchéité. Cette réputation est erronée. D’une part, une erreur de pose se rattrape plus facilement en pose sans colle que lorsqu’il y en a. Quand aux problèmes d’étanchéité, ils se résolvent facilement avec un traitement à froid, réalisées par fusion de la couche d’usure, ce qui empêche tout encrassement ultérieur ».

Les avantages environnementaux : « Les maîtrises d’ouvrage ne connaissent pas toujours l’existence de subventions comme celle liée à l’obtention du label NF Habitat pour la valorisation du patrimoine. Ils existent également des labels régionaux. Enfin, les chantiers propres, avec des déchets collectés recyclables, bénéficient également de soutiens financiers ».