Rénover un bâtiment hospitalier n’est pas une mince affaire, sols compris, et dans tous les types de locaux qu’il renferme, même les moins techniques. Walter Contiero, directeur des travaux du Groupe Hospitalier Diaconnesses Croix Saint-Simon à Paris, nous explique pourquoi le Marmoleum de Forbo a été retenu.

Côté Sols : Vous êtes directeur des travaux du GHDCSS Diaconesses-Croix Saint-Simon. L’appellation n’est pas courante dans le monde des établissements hospitaliers ?

Dans nos hôpitaux, tous les locaux ont le sol qu’ils méritentWalter Contiero, directeur des travaux du Groupement Diaconnesses Croix Saint-Simon : C’est vrai, dans les grands hôpitaux publics, les responsables comme moi de la maintenance, de la rénovation, voire de la construction de locaux, sont plutôt nommés directeurs du patrimoine. Mais leurs tailles sont souvent très supérieures à celle de nos deux établissements principaux, les Diaconesses dans le 12 ème arrondissement de Paris, et Croix Saint Simon dans le vingtième.

De plus, il s’agit d’une structure privée, travaillant pour le public, résultant de la fusion de deux institutions religieuses, l’une protestante, l’autre catholique, en 2003. L’objectif était de réunir les services techniques et administratifs, afin d’optimiser la gestion. Ma mission s’inscrit dans ce périmètre mutualisé. Et comme je viens moi-même du bâtiment, j’ai demandé et obtenu ce titre de directeur des travaux, tout à fait cohérent avec ce que je faisais auparavant

Côté Sols : Dans votre univers, il y a plusieurs types de locaux, dont les spécificités déterminent des contraintes pour les sols ?

Walter Contiero : Les plus emblématiques sont évidemment les plus techniques, comme les blocs opératoires, les salles de radiologie, les zones de stérilisation ou les postes de soin. Il faut alors des revêtements très résistants au poinçonnement, faciles d’entretien, résistants aux tâches, présentant parfois des plombages ou des caractéristiques isolantes.

Dans les chambres et les couloirs, l’accent est toujours mis sur le poinçonnement, la sécurité des patients donc les capacités anti-glissance notamment dans les salles de bains, mais aussi sur l’isolation phonique. Il faut savoir que pour des raisons économiques, l’épaisseur des dalles béton s’est réduite ces dernières décennies. Il est donc nécessaire que les revêtements de sol prennent leur part dans l’affaiblissement acoustique des ensembles constitués. Dans les circulations, il faut également penser à faciliter les déplacements des brancards et donc à la roulabilité sur le sol.

Enfin, il y a une troisième catégorie de locaux non techniques, destinés par exemple aux salles de consultations, aux parties administratives et aux salles de réunion. Nous sommes actuellement en pleine rénovation d’un bâtiment de 13000 m2 environ à la Croix Saint-Simon. Je suis donc particulièrement attentif à ce point puisque ces surfaces représentent pas moins de 20% de l’ensemble. Avec là aussi des contraintes acoustiques, esthétiques et une pensée à avoir pour les personnes à mobilité réduite.

Côté Sols : Vous avez choisi de travailler avec Forbo sur ce chantier. Depuis quand connaissez-vous leurs produits ?

Walter Contiero : Nous avons d’abord eu l’occasion de poser du Flotex dans un bâtiment annexe essentiellement de bureaux. Nous avons beaucoup apprécié son aspect moquette, son entretien facile et ses qualités isophoniques. De plus, leurs nouvelles gammes de tons ont facilement séduit les occupants et cela, croyez-moi, c’est un plus ! J’ajouterais que le Flotex n’a ni les inconvénients de la moquette, ni ceux du PVC, notamment au sujet de la lutte anti-bactérienne. Nous avons ici un comité CLIN (Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales) et il a apprécié les qualités du produit. Nous sommes un des rares hôpitaux dans notre catégorie référent dans ce domaine.

Dans nos hôpitaux, tous les locaux ont le sol qu’ils méritent

Plus récemment, lorsque la décision de rénovation de la Croix Saint-Simon a été prise pour un grand chantier de remise aux normes électriques notamment, nous avons obtenu que l’opportunité offerte par les bâtiments vides, soit utilisée pour reprendre aussi les murs et les sols. Il faut dire que tous nos revêtements sont collés, et que les déposes prennent du temps.

Notre choix s’est porté sur du Marmoleum, avec des différenciations dans les étages par des couleurs différentes. Le linoleum s’est imposé pour ses qualités naturelles dans un environnement de plus en plus sensible à l’écologie. Mais il séduit aussi par sa compacité, ses qualités antibactériennes, la variété des gammes. De plus, il y a eu de vrais progrès techniques : aujourd’hui, nous pouvons le plier plus facilement, pour le remonter en plinthe par exemple.

Dans nos hôpitaux, tous les locaux ont le sol qu’ils méritent

Côté Sols : Vous parliez de pose collée et des chantiers de rénovation qu’elle complique. Il y a pourtant des solutions alternatives ?

Walter Contiero : Vous parlez de la pose non collée ? Bien sûr que c’est l’avenir ! Chez nous, dans certaines parties des bâtiments, les sols commencent à fatiguer au bout de deux ans, à cause des brancards entre autres. Mais pour que nous allions vers des systèmes non collées qui favorisent la dépose rapide, il faut encore que l’offre progresse chez les fabricants, notamment du côté de la résistance au poinçonnement. Et d’une façon générale, de la capacité de ces produits à encaisser de forts trafics.