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Décoration : quand les objets du quotidien deviennent des acteurs du beau

Illustrée par le succès des émissions de home staging à la télévision, la passion des français pour la décoration de leur intérieur ne faiblit pas, au contraire. Et les fabricants des objets de leur quotidien ont de quoi maintenir leur intérêt. Que l’on pense aux radiateurs électriques ou bien sûr aux revêtements de sols, les designers s’en donnent à cœur joie !

L’intérêt des français pour leur intérieur ne date pas d’hier ! Dès les années 1950, les salons consacrés à la décoration ont rencontré le succès, de même que les revues spécialisées. Avec internet et ses blogueurs d’une part, et la multiplication des émissions de télévision consacrées au home staging d’autre part, la tendance ne semble pas près de s’inverser.

Radiateur Poikilo

Le radiateur « Poikilo », un radiateur qui glisse du mur au sol – Le radiateur du futur © Atlantic

D’autant que dans tous les domaines de l’aménagement intérieur, les fabricants rivalisent d’imagination. Ainsi, au début de cette année, le spécialiste des radiateurs Atlantic a lancé un concours ouverts aux designers auxquels il a été demandé de penser le radiateur du futur. Les résultats sont étonnants d’audace. Au-delà de l’esthétisme des prototypes, une tendance à privilégier la modularité – c’est-à-dire le remplacement ou le déplacement facile d’un objet du décor.

Emmener ses sols « design » avec soi ?

Une tendance qui touche aussi les éléments « stables » du décor. Déplacer les cloisons devient de plus en plus facile, grâce à leurs systèmes de pré-câblages standardisés inclus dans les murs construits en usine avant d’être livrés directement sur le lieu du chantier. Une PME allemande prévoit ainsi de commencer à livrer des pièces entièrement montées en atelier, d’ici une vingtaine de mois et estime que la baisse du coût de construction pourrait atteindre les 80%.

Concernant les sols, le changement est encore plus radical : alors que les revêtements de sols fixés, comme la moquette, le carrelage, et les sols PVC collés, sont considérés comme des éléments « immobiliers », l’apparition de systèmes de poses non collées, notamment avec les LVT clipsables, les transforment, littéralement, en « mobilier », c’est-à-dire en éléments susceptibles d’être emportés à la fin d’un contrat de location ou après une vente du bien.

De là à imaginer des utilisateurs qui consacrent un budget plus important au design de leurs sols, à l’instar de ce qu’ils feraient pour des posters ou des tableaux ? Il est sans doute encore un peu tôt. Mais certains fabricants de sols PVC ont commencé à anticiper ce mouvement, en se lançant dans des éditions limitées, en association avec des designers de renom.

dare-to-rug

C’est notamment le cas de Forbo, qui a développé plusieurs collaborations marquantes depuis quelques années, par exemple avec l’italien Mendini pour sa gamme de linoleum Marmoleum. Toujours dans la même gamme de produits, d’autres expériences réussies ont été menées avec des créateurs néerlandais (Sigrid Calon), roumains (Dare to Rug) et finlandais (Kustaa Saatsi).

Pour son textile floqué Flotex, c’est encore en Italie que le fabricant est allé chercher l’inspiration, auprès de Sottsass Associatti. Plus récemment, une autre collaboration avec le cabinet britannique Tibor a débouché sur de nouveaux motifs.

La tendance touche également les fabricants de moquette mais l’avantage des sols PVC, en pose non collée, est bien évidemment de pouvoir déplacer le revêtement pour une autre pièce, voire un autre logement. C’est pourquoi, sans aucun doute, le mouvement devrait s’amplifier dans les années à venir et inspirer les plus grands noms du design !