Dix ans après leur labellisation, les premiers écoquartiers arrivent à l’âge des premiers bilans. Mention bien pour l’aménagement urbain et la maîtrise énergétique. Beaucoup moins bien en ce qui concerne la participation des habitants. Quant aux matériaux utilisés et à leur recyclage, ils continuent de faire débat.

La démarche dite des écoquartiers est née en 2009, dans le prolongement des débats du Grenelle de l’environnement. Il s’agissait à l’époque pour le régulateur de donner un cadre aux expérimentations qui fleurissaient un peu partout en France. Avec à la clé des prises de décision facilitées pour les collectivités territoriales qui souhaitaient en impulser.

Source illustration : Wikipedia

Dix ans après – et un lifting du label en 2017 – le bilan général reste positif, malgré de sérieux bémols. Commençons par les plus :

  • Il y a eu 570 projets d’écoquartiers, dont certains en sont encore au stade de la conception, mais 68 labellisés ont déjà été livrés.
  • Les performances, notamment énergétiques, des bâtiments sont au rendez-vous. Il faut dire qu’entre-temps la RT 2012 et bientôt la RT 2020 sont passées par là. Les exigences pour tendre vers la neutralité énergétique des nouvelles réalisations se font plus pressantes et il est finalement assez logique que les écoquartiers aient servi de terrain d’expérimentation aux acteurs de la construction.
  • Le référentiel Ecoquartier, articulé autour de quatre dimensions et 20 engagements, permet de poser les fondamentaux de ce type de projets, et recouvre « tous les aspects de l’aménagement durable : de la démarche de projet (gouvernance, pilotage, localisation du projet, évaluation, etc.), aux aspects plus techniques liés au cadre de vie et aux usages (mixité sociale, vivre ensemble, solidarité, santé et sécurité, densité, formes urbaines), au développement économique et territorial (mixité fonctionnelle, emplois, circuits courts, mobilité, etc.), ainsi qu’à la prise en compte des enjeux environnementaux et climatiques (eau, biodiversité, énergie, déchets et adaptation aux changements climatiques)».

Les moins sont néanmoins bien présents :

  • Le bilan montre que les écoquartiers se sont concentrés dans les villes. En 2016, la ministre du Logement relevait une proportion de seulement 15 %. On aurait pu penser que compte tenu des objectifs de synergie et de proximité avec la nature, le premier pas à franchir aurait été de s’en rapprocher physiquement. Ce n’est pas le cas aujourd’hui
  • La participation des habitants à la conception des écoquartiers, souvent brandie comme une évidence par les porteurs de projets, a encore du mal à entrer dans les faits. Elle ne porte en fait que sur des thèmes ciblés – l’aménagement d’un espace public, par exemple – et pas sur le projet d’ensemble. Les pratiques de l’habitat participatif, mieux répandue en Europe du Nord et qui commencent à percer dans notre pays, pourraient dans le futur servir de modèles à cette « co-construction »

Ces dix ans de recul constituent cependant un socle indispensable pour projeter une vision apaisée et durable de l’urbanisme sur les années qui s’avancent, avec les objectifs ambitieux de la future loi sur l’économe circulaire. Les critiques doivent être tempérées au regard des évolutions sociétales que le label écoquartier a dû intégrer en si peu d’années. Par exemple,

  • Renforcement des exigences sur l’utilisation de l’eau
  • Apparition de nouveaux besoins et de nouvelles solutions de mobilité
  • Courant locavore qui exprime le besoin de reconnecter les habitants avec les productions locales agricoles

La simple lecture de cette liste donne une idée des enjeux à venir. D’autres – heureusement ? – sont plus faciles à tenir. Par exemple, la ministre du Logement et de l’habitat durable a en 2017 demandé que le label écoquartier porte une attention particulière concernant la qualité de l’air intérieur. Sur ce point en tous cas, les revêtements de sol comme le Marmoleum apportent d’ores et déjà des solutions appréciées… et de plus en plus souvent mises en œuvre par les architectes.