Telle que définie par l’ADEME, l’économie circulaire recouvre trois domaines et sept piliers. Pour chacun d’entre eux, la filière des revêtements de sol a – ou aura – son mot à dire et ce, quel que soit son rôle (fabricant, maîtrise d’ouvrage, solier). Voici le programme qui s’annonce.

Les trois domaines (et ses sept piliers qui constituent en fait les chapitres de l’ensemble) de l’économie circulaire sont ainsi décrits par l’ADEME

Domaine 1 : Offre des acteurs économiques

  • Pilier 1 : Extraction et exploitation des achats durables
  • Pilier 2 : Eco-Conception (produits et procédés)
  • Pilier 3 : Ecologie industrielle et territoriale
  • Pilier 4 : Economie de la fonctionnalité

Domaine 2 : Demande et Comportement des utilisateurs

  • Pilier 5 : Consommation responsable (achat, consommation collaborative, utilisation)
  • Pilier 6 : Allongement de la durée d’usage (réemploi, réparation, réutilisation)

Domaine 3 : Gestion des déchets

  • Pilier 7 : Recyclage (matériau et organique)

Les sols souples déjà bien adaptés à la nouvelle donne

Les revêtements comme les sols PVC ou les linoleums ont déjà pris de l’avance sur ces concepts d’économie circulaire. En effet, le linoleum est par exemple constitué à 97% de matériaux naturels comme l’huile de lin. Il est d’ailleurs à ce titre dans la liste des matériaux éligibles pour l’obtention du label bâtiment biosourcé.

De son côté, le PVC présente de très bons taux de recyclage, surtout s’il est vierge de traces de colle, Les 7 piliers de l’économie circulaire : des revêtements de sol déjà prêts ?ce qui est possible avec les nouvelles techniques de pose pour lesquels de simples adhésifs suffisent le plus souvent. Par ailleurs, des programmes d’aide à la récupération et au recyclage des chutes de chantier sont mis en place par les acteurs de la filière.

Voilà pour le pilier 1. Concernant le second, les procédés de fabrication font aussi l’objet, et depuis plusieurs années, des efforts des fabricants pour réduire les consommations d’eau, d’électricité et les chutes de production. Chez Forbo par exemple, l’impact environnemental des usines a ainsi été réduit de plus de 20% entre 2009 et 2016.

La R&D est en revanche devant un terrain d’exploration considérable concernant l’écoconception des produits et l’économie de la fonctionnalité (Piliers 2 et surtout 4). En clair, comment penser des produits qui se révèleront économiques en ressources à l’usage ? L’équation est difficile à résoudre dans la mesure où elle amène le fabricant à réfléchir à des solutions qui pourraient conduire à une réduction des achats de ses produits. Les exemples sont rares de cette démarche : on peut citer EDF donnant des conseils à ses clients pour limiter leur facture d’électricité.

Une des réponses viendra certainement dans un basculement progressif vers un modèle basé sur les services autour du revêtement de sol, bien au-delà des activités de pose et de dépose. Dans cet entretien, Christine Taupiac de Forbo jetait des bases de cette réflexion en cours. Nous vous invitons à la relire.

Gestion des déchets, des solutions à mieux connaître

Concernant le troisième domaine, celui de la gestion des déchets, de nombreuses solutions sont déjà en place. Elles souffrent parfois d’un manque de notoriété mais ont fait leurs preuves.

Il faut en retenir que les soliers ont aujourd’hui à la fois toutes les raisons de s’intéresser à, et en même temps des solutions pour traiter la question des déchets de chantier. La réglementation va se durcir sur ce sujet, avec sans doute une pression accrue de maîtrises d’ouvrage soucieuses de rendre une copie « propre » aux futurs utilisateurs de leurs locaux. Autant, dans ces conditions, prendre les devants en intégrant au plus vite les principes de l’économie circulaire et les premières réponses apportées par la filière ? Pendant les premières années en tous cas, cela pourrait rester un avantage concurrentiel sur ceux qui ne se positionneront pas aussi vite.