Les architectes du futur ont aussi la bibliothèque des matériaux… du futur

C’est en tirant parti des possibilités offertes par le numérique que la startup ArchiMaterial équipe déjà une trentaine d’écoles d’architecture et de design. Objectif, pallier le manque de connaissances des étudiants mais aussi la difficulté de maintenir à jour des bibliothèques avec de nombreux échantillons. Le nom de la solution est déjà tout un programme : la matériauthèque connectée !

etudiant-materiauthequePour l’étudiant, rien de plus simple que d’utiliser la Matériauthèque Campus d’ArchiMaterial. D’abord, dans un registre classique et dans le monde « physique », il peut commencer par consulter les différents panneaux de l’exposition, qui présentent soit des gammes de produits par thématiques (par exemple les revêtements de sol), soit des projets de mise en œuvre. Il aura d’autant moins de mal à les trouver que la trentaine d’écoles d’architecture et de design – en France et en Belgique – avec lesquelles la startup a aujourd’hui trouvé un accord, leur réserve une place de choix, généralement dans des lieux de passages très fréquentés (halls d’accueil par exemple), ou bien dans des espaces déjà dédiés à la recherche documentaire (bibliothèques, CDI, etc).

« Les panneaux muraux sont classés par thèmes (enveloppe du bâtiment, façade, revêtements de sol, aménagement et mobilier…) » explique le fondateur et directeur d’ArchiMaterial, Franck Dietmann. Il y a également un totem présentant 15 projets architecturaux autour d’une thématique sélectionnée par les écoles.

Le contenu et les échantillons sont en constante évolution. Ainsi, des panneaux d’exposition de matériaux de base (essences de bois, métaux…) ainsi que le résultat de recherches menées par les étudiants et les enseignants viendront progressivement étoffer les différentes catégories. De nouvelles références complèteront le contenu de la matériauthèque tout au long de l’année scolaire, permettant de dynamiser l’exposition au maximum.  ArchiMaterial leur rend d’ailleurs visite deux fois par an dans cet objectif.

Remplacer l’armoire à doc poussiéreuse

La puissance du digital intervient lorsque le visiteur de l’exposition veut aller plus loin. Dès qu’un produit l’intéresse plus particulièrement, il peut en effet utiliser son smartphone et accéder, en scannant l’échantillon, à toute la documentation technique disponible chez le fabricant (caractéristiques techniques, vidéo de mise en œuvre, fichier 3D…). Il peut également la sauvegarder dans ses favoris et ainsi se constituer facilement une bibliothèque personnelle en ligne. « Les deux mondes sont ainsi en synergie » continue Franck Dietmann qui considère que les bases de données de produits seules, telles qu’on s’est évertué à les construire et à les maintenir à jour depuis quinze ans, n’ont pas vraiment trouvé leur public.

Au contraire, avec cette offre, adaptée du service LivExpo d’ArchiMaterial, 24 000 étudiants et 5 000 intervenants architectes ont déjà accès à plus de 300 échantillons produits, proposés par une cinquantaine de fabricants et artisans créateurs, parmi lesquels Forbo, partenaire de l’opération dès ses débuts.

« La démarche présente de multiples intérêts. D’abord, concernant les élèves, elle renouvelle et souvent crée l’intérêt pour le matériau, dont leurs études très théoriques les tiennent souvent éloignés. Le côté innovant et numérique de l’accès est également porteur, car il rompt avec l’image vieillissante véhiculée par les antiques classeurs poussiéreux rangés sur une étagère de la salle de documentation ». Les écoles apprécient également la simplification de la gestion complexe et spécifique des matériauthèques.

Côté fournisseurs, outre le fait d’aller à la rencontre des futurs concepteurs de bâtiments pour leur faire connaitre les produits, il y a également une réduction de la complexité de mise à jour des documentations dans les écoles. « Enfin, les professeurs de ces écoles, qui sont souvent des architectes en activité, sont enthousiastes et apportent eux-mêmes leur contribution à la réalisation de certains panneaux. Cela leur permet d’entrer de façon moderne dans un dialogue sur le concret avec leurs étudiants » conclut Franck Dietmann.

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