La clientèle de particuliers, pour un cabinet d’architectes, s’avère particulièrement exigeante en matière de conseil… et de disponibilité. Mais les projets sont souvent originaux et passionnants à mener. Les revêtements de sol, PVC en tête, jouent un rôle de plus en plus important en matière de décoration. Le témoignage d’Olivier Jamar.

Le cabinet d’architectes OJamar et Associés, installé à Châlons-en-Champagne (51), compte de nombreuses réalisations à son actif, dans les secteurs industriel, tertiaire et l’habitat social ou les RPA (Résidences pour Personnes Agées). Il mène aussi de beaux projets pour une clientèle de particuliers, dont Olivier Jamar admet qu’elle ne « représente que 20% du CA du cabinet, mais occupe plus de temps proportionnellement ». Mais alors pourquoi jouer sur ce terrain dangereux en termes de rentabilité ?

La réponse est toute simple : « les projets sont très intéressants, par leur variété d’une part, mais aussi par la qualité de la relation. Chez un particulier, nous travaillons presque dans l’intime, puisqu’il va occuper le logement. Il nous fait part de ses contraintes personnelles, de ses convictions. Et notre rôle de conseil devient de ce fait essentiel ».

Le cabinet partage un espace dédié avec plusieurs autres professionnels du bâtiment (géographe, thermicien…), l’Espace Sainte Croix. « Il y a également un architecte d’intérieur, Atelier In Situ ce qui nous permet de répondre à l’ensemble des questions de cette clientèle particulière ». Et parmi ces questions, celle du sol revêt une importance toujours plus grande. « En quelques années, nous avons vu se développer une offre d’une diversité extraordinaire, à la fois sur le plan technique et esthétique. Les sols PVC n’étant en l’occurrence par les derniers à innover ». Entre les interrogations sur la durabilité des matériaux, leurs qualités d’entretien et d’hygiène, mais aussi sur leurs performances avec un chauffage au sol, les qualités de conseil sont mises à rude épreuve. Et la dimension esthétique des sols prend de plus en plus de place : « il n’est pas rare aujourd’hui de voir livrer des locaux presque nus, avec des murs juste peints en blanc, mais avec un revêtement de sol plus élaboré, qui va de fait devenir la base d’une recherche déco ».

“Les sols deviennent un élément clé du décor chez les particuliers ”

Olivier Jamar fait partie de ces architectes qui apprécient les sols PVC et le Linoleum. Au point de le proposer directement à ses clients ? « Pas tout à fait, car je préfère savoir quelles sont leurs attentes mais aussi, il faut bien le reconnaître, s’ils ont des réticences vis-à-vis de ces produits. Mais si je ressens une bonne ouverture d’esprit, et que le PVC peut répondre à ses besoins et contraintes, je n’hésite pas ». Et la diversité des gammes, l’innovation au niveau du design, font souvent la différence, par exemple vis-à-vis des carrelages dont les catalogues n’évoluent pas aussi vite. « Nous mettons aussi en avant la rareté des joints, voire leur inexistence dans certaines petites pièces avec des lés de grande largeur, pour proposer des effets esthétiques que les joints d’un carrelage rendront plus difficiles ».

LVT, clipsable, les grandes tendances

Cependant, la tendance va à des produits moins larges, en l’occurrence les LVT clipsable (type Allura Click chez Forbo), avec des imitations bois qui séduisent. « Ils sont très prisés dans les pièces où une ambiance chaleureuse est recherchée, par exemple les chambres, ou les espaces de jeux pour les enfants ». Il existe également une segmentation par étage : le supérieur, généralement réservé à la nuit, est plus volontiers équipé de sols PVC, tandis qu’au rez-de-chaussée, avec la cuisine et l’espace de réception, le béton ciré bénéficie actuellement d’un véritable effet de mode. A noter également, souligne Olivier Jamart, un certain regain d’intérêt pour la moquette, au moins dans les chambres. Cependant, les sols souples gardent une longueur d’avance pour les plus exigeants en matière esthétique, voire les plus originaux : « Nous avons même posé récemment un LVT clipsable sur un sol avec une remontée sur les murs. L’effet est très sympathique ».