Trois cent trente mille m2 de bureaux, neufs ou de seconde main, ont été livrés l’année dernière sur la Métropole lyonnaise. Un record qui illustre la dynamique de la cité des Gaules. Il permet également de mesurer l’importance de l’aménagement des environnements de travail pour les entreprises et de ses professionnels en interne.

Ils sont réunis au sein de l’ARSEG, une association née en 1975 pour représenter initialement les responsables des services généraux, et qui a souhaité prendre plus d’ampleur en représentant les Directeurs de de l’environnement de travail.

« Les entreprises ont des maturités variables par rapport à notre fonction et donc à son libellé dans les organigrammes, explique Philipe Champion, président de l’association pour la région Auvergne Rhône Alpes et Bourgogne. Lui-même travaille chez EDF, au sein de la direction immobilière, un positionnement assez classique et représentatif de l’importance de ce poste dans les budgets des entreprises. Voici quelques chiffres pour en juger :

  • La moyenne du nombre de m2 alloués à une personne est de l’ordre de 12, auxquels il faut ajouter 4 m2 de surfaces communes pour chacun
  • Le coût moyen d’un poste de travail, en région parisienne, est de 10 000 euros par an (loyer + équipements + abonnements divers + entretien, etc)
  • En moyenne, un salarié « déménage » tous les 18 mois dans les zones fortement urbanisées. La notion de déménagement commence dès qu’il y a changement d’étage ou de service…

Il faut en retenir que l’accueil des salariés représente un budget conséquent et son optimisation est donc nécessaire. Ce qui impose de bien penser les bureaux. « Par exemple, l’avènement des open spaces, celui du télétravail et du Flex Office constituent des mouvements de fond, dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences en termes de surface allouée à chaque collaborateur… Mais dont on devine qu’à l’échelle, elles seront significatives ».

Lumière, odeurs, sons, etc. Des critères à prendre en compte dans l’aménagement des bureaux

Il y a cependant d’autres optimisations possibles, qui s’examinent sous l’angle de la productivité. De nombreuses études alimentent le débat, que l’on retrouvera citées par exemple dans le livre blanc consacré l’année dernière par Forbo aux aménagements de bureaux. En résumé, la lumière naturelle, le confort à la marche, les performances acoustiques, les odeurs saines ou encore les éléments de décoration personnalisée sont autant de critères qui jouent sur notre concentration, notre créativité, et finalement nos performances.

« Le sol en particulier est un marqueur très fort de la culture de l’entreprise mais aussi de l’attention portée aux salariés » reprend Philippe Champion. C’est pourquoi il privilégie les approches concertées, avec les collaborateurs, quand de nouveaux aménagements voient le jour. « Plus on passe de temps à peaufiner le projet, plus on augmente les chances de son appropriation par les salariés et donc de sa réussite au final. » constate-t-il. « Il y a un engagement plus fort, certes difficile à mesurer, mais qui est tangible. C’est l’effet « c’est moi qui ai choisi ».

Les moquettes livrées en standard souvent enlevées par les acheteurs de bureaux

Ce qui amène le représentant de l’ARSEG à pointer du doigt les habitudes des promoteurs qui livrent les bureaux neufs en les équipant avec des moquettes d’une qualité et d’un aspect très standards…. De nombreux responsables d’entreprises s’empressent donc de les ôter pour les remplacer par des revêtements qui seront plus en adéquation avec les attentes des collaborateurs. « De ce point de vue, les poses non collées, poissées par exemple, sont parfaites, parce qu’elles facilitent aussi bien les changements de sol, que les réparations ponctuelles ou encore les accès aux planchers techniques ».

Autre sujet d’actualité, les aspects environnementaux, avec par exemple la question de l’entretien des sols. « Les sols souples sont de la partie car ils facilitent bien sûr le travail de nettoyage, par exemple au niveau des tisaneries, des restaurants d’entreprises ou encore des circulations. Par contre, dans les bureaux, les sols textiles voire les parquets gardent un fort attrait ».

Dernier point d’attention, le recyclage des matériaux d’ameublement. « Honnêtement, cela ne fait pas encore partie des préoccupations majeures de nos collaborateurs, notamment concernant les revêtements de sol. Je pense que cela vient du fait qu’ils savent que ces revêtements vont sans doute rester en place pendant une bonne dizaine d’années. Eux-mêmes seront partis alors vers d’autres cieux ».

La question du recyclage des sols interpelle donc encore peu. « En revanche, nous constatons une meilleure acceptation des approches favorisant le réemploi d’objets réparables, comme les bureaux que nous ne proposons donc plus systématiquement en première main. Nous avons même commencé à travailler avec des menuisiers qui retaillent l’ancien mobilier avec retour. Celui-ci était très en vogue dans les années 2000 pour faire de la place aux écrans cathodiques. Ils produisent de nouvelles versions droites, fonctionnelles et… très appréciées ».