Entre respect des contraintes réglementaires sur l’acoustique, besoin de résistance des sols aux marques de poinçonnement et recherche du confort des personnels au moment de déplacer des charges roulantes importantes, les concepteurs de locaux hospitaliers font face à une équation apparemment difficile à résoudre. Heureusement, des solutions de compromis apparaissent.

Les maîtrises d’ouvrage, les directions d’hôpitaux, les architectes, tous connaissent l’équation « infernale » qui régit les sols de leurs locaux. Il leur faut en effet concilier une réglementation de plus en plus contraignante sur le plan acoustique avec au minimum 19 dB d’absorption des bruits de choc, et une résistance élevée au poinçonnement, afin d’éviter que des charges lourdes (pieds de lits, roues de brancards) ne marquent durablement le sol, le tout en facilitant le travail des personnels hospitaliers qui doivent déplacer ces charges sur des distances parfois importantes – roulabilité.

« Il y a une impossibilité structurelle à satisfaire toutes les exigences » explique Joël Nunes, chef de segment santé chez Forbo. En effet, « pour obtenir de bonnes performances acoustiques, les fabricants de revêtements de sol PVC intègrent des couches de mousse alvéolaire sur leurs produits. Plus la mousse est « aérée », meilleure est l’absorption des bruits. Mais dans le même temps, cette moindre densité de matière facilite l’enfoncement d’objets, notamment ceux qui font pression. Cela joue en négatif sur la résistance au poinçonnement ».

Et les charges stationnées sur un sol « mou » de ce type, par exemple des brancards ou des lits, mêmes équipés de roulettes, ont tendance à s’y enfoncer. « Pour l’infirmière qui souhaite les déplacer, l’effort nécessaire pour les mettre en mouvement devient important. Là aussi, la performance acoustique s’obtient au détriment de la performance roulabilité ».

La culture du compromis

Il faut pourtant bien rénover les bâtiments existants et parfois en créer de nouveaux. A chaque fois, le chapitre des sols doit faire l’objet d’un compromis.

En rénovation, les contraintes réglementaires sur l’acoustique sont cependant moins fortes. S’il est souhaitable d’améliorer la situation existante, les taux d’absorption demandés ne sont qu’indicatifs. « C’est pourquoi nombre de maîtrises d’ouvrage choisissent des sols PVC homogènes ou du linoleum, dont les performances anti-poinçonnement et donc la roulabilité sont satisfaisantes. Certes, l’absorption acoustique ne dépasse jamais 8 dB, mais si la dalle qui supporte le revêtement est assez épaisse, l’ensemble constitué offre un confort sonore acceptable ».

La même approche peut aussi prévaloir dans le neuf, où la maîtrise d’ouvrage tiendra compte des performances acoustiques de la dalle, pour s’autoriser le choix d’un sol PVC compact proposant 17 voire 15 dB d’absorption acoustique. Chez Forbo, le PVC acoustique U3/U4 Sarlon trafic 15dB répond à cette demande (avec un poinçonnement inférieur à 0,05 mm) et a déjà obtenu des références significatives dans le monde de la santé, avec par exemple la pose de 14 000 m2 de revêtement dans les bâtiments de l’hôpital privé des Côtes d’Armor, en Bretagne.