Toujours très fréquenté, le salon de l’hôtellerie, de la restauration et des loisirs a, cette année encore, appuyé ses messages sur les aménagements intérieurs. Logique, dans la mesure où les acteurs de ce secteur fortement concurrentiel, entendent se démarquer en jouant du concept et de l’expérience client. Visite guidée avec deux professionnels.

Sur fond de crise économique et de restrictions budgétaires dans les entreprises, les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration vivent des années difficiles : Il suffit de pratiquer le voyage d’affaires ou de sortir en famille le week-end pour le vérifier. Une étude de KPMG, publiée en avant-première du salon Equip’Hôtel, le plus important d’Europe qui vient de se tenir comme tous les deux ans à la Porte de Versailles de Paris, le confirme encore. « Si 2013 a enrayé la tendance baissière pour la fréquentation (…), on ne peut observer un véritable rebond du taux d’occupation ». Tous les segments sont touchés, à l’exception de l’hôtellerie de luxe, que sauve le retour des clientèles étrangères, pour un rebond de son taux d’occupation qui remonte au niveau de 2011. Mais globalement, les chiffres du premier semestre 2014 ne sont guère plus encourageants : « Les chaînes hôtelières présentent, sur tous les segments, des performances en berne à fin juillet ».

Un rayon de soleil pourtant : « la bonne santé du marché touristique international, le fait que le marché immobilier soit toujours considéré comme une valeur refuge et un assouplissement de l’accès au crédit, ont contribué à créer un environnement favorable à l’investissement hôtelier ». Du coup, le marché européen des transactions hôtelières a connu une année faste : 7,9 milliards d’actifs hôteliers se sont échangés en 2013 (soit 1,7 milliard de plus qu’en 2012) selon KPMG. En France, ce sont 2,4 milliards d’actifs qui ont changé de mains, avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’investisseurs et l’ouverture aux particuliers du marché de l’investissement hôtelier.

De sept à quatre ans : la durée de vie des concepts d’aménagement se réduit

Confirmation de Ludovic Hamet, responsables grands comptes H&L chez Forbo, qui a rencontré beaucoup de ces professionnels sur le salon où le fabricant disposait d’un stand de 45m2, pour présenter des produits appréciés du secteur – LVT imitation bois, Flotex, textiles aiguilletés Showtime, Coral. « Cela peut sembler paradoxal mais la crise pousse les hôteliers à investir pour se démarquer de la concurrence. La rotation des aménagements intérieurs s’accélère. Hier, la durée de vie moyenne d’un concept avoisinait les 7 ans. Aujourd’hui, elle serait plutôt de 4 ans ».

Fanny Gay, designer senior et spécialiste H&L chez Forbo, a également arpenté les allées du salon : « Il y a de plus en plus de visiteurs, et la partie décoration s’étoffe. Le plus frappant, c’est la place prise désormais par le bien-être, et les aménagements tournés vers le confort ». Les professionnels cherchent en effet de nouveaux moyens pour attirer leurs clients et les fidéliser. Cela peut passer par l’ambiance proposée dans l’hôtel ou le restaurant, une expérience à vivre… « On veut transporter les clients dans un autre univers : aussi bien dans les chambres, que dans les salles de bains, les salles de séminaires ou encore les circulations » continue Fanny Gay. Et grâce aux nouveaux procédés de fabrication, les réponses proposées peuvent aller très loin dans la customisation, avec par exemple des impressions de logos ou des typographies personnalisées sur les sols et les murs.

Bois, bois, bois… et béton

Les sols souples, avec des prix attractifs, des motifs séduisants, et une rapidité de pose – surtout non collée – qui limite les durées de fermeture des locaux concernés, ont le vent en poupe. La preuve, a remarqué Ludovic Hamet, « même les grands distributeurs nationaux étaient présents sur le salon. Plus quelques nouveaux entrants exotiques… ».

Côté design, Fanny Gay est catégorique : « C’est bois, bois, bois… et béton. Ces coloris, et les nombreuses possibilités d’imitation offertes par les sols PVC, drainent vraiment la demande ». D’autant que si les hôteliers ont besoin d’investir, explique Ludovic Hamet, tous n’ont pas les moyens des palaces 5 étoiles. « Nous avons pris presque 200 contacts d’affaires sur le salon, pour beaucoup émanant de chaînes trois étoiles. Nous avons également vu des groupes d’EHPAD privés, qui assument de plus en plus leur vocation hôtelière. Tous sont à la recherche de produits leur permettant de personnaliser leurs intérieurs, d’affirmer leurs concepts, en restant dans des budgets maîtrisés. Les sols souples leur apportent une réponse satisfaisante ».

Tous les sens, y compris le social !

« Ce qui frappe aussi dans l’hôtellerie, c’est de voir à quel point tous les sens sont convoqués par les investisseurs, pour enrichir l’expérience client » poursuit Fanny Gay. « La vue, mais aussi l’odorat, l’ouïe et jusqu’au toucher, puisque certaines chaînes ont des réflexions sur la participation de la literie au concept qu’elles souhaitent proposer ». De quoi nourrir les réseaux sociaux (notre désormais huitième sens ?), en arguments pour plébisciter ou au contraire déconseiller tel ou tel hôtel, selon l’expérience qu’aura vécu le rédacteur de l’avis. Des réseaux qui jouent désormais un rôle considérable dans le succès de ces établissements. Comme cet hôtel du Puy du Fou (le « camp du Drap d’or ») qui a choisi les sols Forbo pour sa décoration intérieure. Ou ces cinémas qui offrent désormais des parcs de jeux pour accueillir les enfants des spectateurs pendant le film. Ou encore ces restaurants qui jouent la carte du café-concert en équipant leurs sols avec un Flotex imprimé sur mesure, avec motifs personnalisés imprimés. Décidément, conclut Ludovic Hamet, « l’heure est aux activités nouvelles pour relancer les activités traditionnelles » !